Vision sociale

La vision sociale de la société par un simple citoyen qui connait les institutions sociales et  l'action sociale et qui s'intéresse à l'organisation sociale en général.
Mardi 4 avril 2006 2 04 04 2006 08:23
Et si la raison était dans la rue

Je vais oser un parrallèle : aujourd'hui des manifestants vont défiler dans la rue. Il se battent pour une noble cause, l'avenir des jeunes. Il se battent aussi contre un carcan qu'on veut leur imoposer. Contre une absence d'avenir, contre l'oubli de la société pour ses jeunes. Même si le CPE est l'arbre qui cache la forêt, il est la partie visible de l'iceberg, il doit être combattu. Le symbole qu'il porte avec On pourrait dire que les jeunes se battent contre l'absence totale depuis plusieurs années d'éducation offerte par les politiques. Ceux là même qui devraient être nos pères normalement. Alors comme ils ne sont pa entendus, comme on ne leur tend pas la main, ils prennent la parole et leur liberté eux-même.

Et bien cette nuit, un jeune garçon de 13 ans, confié par le  juge des enfants au Conseil général a fugué de son établissemnet. Il avait préparé son coup, il a toujours été habitué à se débrouiller tout seul entre une absence de mère et une absence de père. Les forces de l'ordre ne l'ont pas retrouvé. Il est dans la rue. Libre, pense-t-il, à se battre contre la bétise de ses parents qui ne pensent qu'à eux. Mais est-ce de leur faute. Il fuit le carcan qui lui a été imposé malgré lui mais pour son bien. Il est oublié de ses parents, alors il est dans la rue : de toute manière il ne peut pas être plus seul que ce qu'il était déjà. Il est dans la rue comme ses ainés. Il n'est pas visible mais s'exprime.

Et si se jeune garçon rencontrait les manifestants dans la même rue, ils auraient sûrement des choses à se dire.
Par Pierre - Publié dans : vision-sociale
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Lundi 3 avril 2006 1 03 04 2006 09:21
Un blog est par nature subjectif.

C'est délicieux de se créer sa propre tribune, totalement personnelle, en ayant le droit d'être intelligent, idiot, de mauvaise foi ou donneur de leçon voire de tenir des propos sans intérêt.

On me fait la remarque qu'il ne faut pas se contenter des constats.

En effet, ces pages regorgent de constats, amers souvent, tristes parfois, durs à coup sûr. C'est le choix du thème qui veut ça.
En revanche c'est vrai que peu de solution ressortent.
Alors, on va essayer de proposer des pistes, des idées, de faire de la politique. De la vraie politique, pas la course aux échalottes qui dure depuis le départ du général.

Comme j'ai appris dans mes études et avec la pratique
1- on constate
2- on analyse
3- on propose un plan d'action
4- on agit
5- on s'aperçoit qu'on s'est planté.

Mais c'est tellement bon de se lâcher.
SI en plus il y a des lecteurs qui réagissent, alors le tour est joué.

Parlons nous, échangeons, écharpons nous mais faisons que ça avance. Ne restons pas dans nos coins.

Par Pierre - Publié dans : Pourquoi ce Blog
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Vendredi 31 mars 2006 5 31 03 2006 14:56
L'eau : un service public ?

Il se trouve que le marché de l'eau a été libéralisé. Soit. La concurence a du bon. Soit. Des études comparatives ont eu lieu sur le coût de l'eau fournie par des collectivités ou par des entretrises privées. Bien. Les avis sont partagés sur le sujet. On entend que l'eau servie en régie (c'est à dire par les collectivités) serait 30% moins cher pour le consommateur. A voir.

En tout cas des choix politiques sont faits et du coup les différences de coûts de founiture sont flagrantes.

Disons que la moyenne du coût de la fourniture de l'eau (eau et taxes) est de 2,45 € par m3. Ce qui représente quand même une sacrée charge. Une fois la moyenne posée on n'a pas dit grand chose, l'analyse n'est pas complète. Car ce qui compte c'est la facture du particulier.

Dans une bonne petite ville (environ 20 000 habitants) l'eau est à 4 € le m3. Celle ci est distribuée par une grande, très grande, très très grande entreprise à but lucratif. Faut-il voir une relation entre le prix de la fourniture et l'activité lucrative ?
Bref, la consommation moyenne d'une personne qui sait gérer sa consommation est de 55 m3 par an soit : 220 € par an d'eau. Le RMI est à environ 367€ par mois pour une personne seule.

Vu comme ça, ça parait tenir.

Par contre si on prend le même bénéficiaire du RMI dans une commune dont l'eau est fournie à 2,45 €  il aura à payer 134,75 € La différence est notoire.
Il semble donc que le pauvre est encore plus pauvre là où l'eau est à 4 € puisque le RMI n'est pas indexé sur le prix de l'eau.

Conclusions :
- soit la personne boit moins d'eau et plus de vin
- soit elle prend moins de douche
- soit elle ne paie pas et va tout droit à la coupure
- soit les aides financières publiques compensent

Conclusuion de la conclusion : le Conseil Général paie deux fois plus d'aides financières individuelles là où l'eau est à 4€. car de toute manière la majorité des bénéficires du RMI ne peuvent pas régler l'intégralité des factures d'eau.

Conclusion de la concluion de la conclusion: les aides financières sont versées à...une société à but lucratif.

Et pour agrémenter le tout, le service contentieux ne propose pas de paiements échelonnés sauf à payer des intérêts. Sauf si les gens ont été aidés par les services sociaux.
Il semblerait donc que les services sociaux du Conseil Général assure le suivi de la clientèle, lucrative, de la société lucrative.

J'ai l'impression d'avoir en partie répondu à ma question de départ. Non ?

Ah, au fait, j'ai entendu dire que le marché de l'électricité allait être libéralisée.
Par Pierre - Publié dans : Pauvreté
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Vendredi 31 mars 2006 5 31 03 2006 12:05
Tentons une réflexion de plus.

Cette réflexion part d'un énervement. C'est d'ailleurs délicieux de dire se qu'on pense en s'énervant un peu.

Imaginez, une grand messe réunissant tous les services de l'emploi : ANPE,  Etat, conseils généraux et régionaux etc. Une grand messe ça sert à expliquer, si possible avec pédagogie toutes les mesures à un public averti (normalement).

D'ailleurs tellement le nombre de mesures d'aide à la formation et au retour à l'emploi et autres emplois aidés est important, on a parfois l'impression que c'est infini.

 Grand messe donc. Lourde, très lourde. Où on est censé tout ingurgiter et surtout ne pas relevé les incohérences et les impossibilités à la mise en place. Et puis en cours de journée  des réflexions, soit disant concrètes, en groupe restreints. Vous avez les fameux ateliers dans les journées de formation ou les colloques... si, si vous connaissez.

Et là, patatras, voilà les services de l'Etat et les organismes de formations officiels qui sont en train de se torturer l'esprit pour adapter leurs grandes actions au public bénéficaire du RMI.
Voilà un fonctionnement symptomatique des services de l'Etat : élaboration d'actions basées sur de grands principes. Réflexion des organismes de formations : "nos formations visent à amener les bénéficiares du RMI vers l'emploi". Si, si on peut le faire. Et voilà que les actions, les arguments fusent. Tout ceci ressemble fort à de l'auto justification et auto sujestion.

Mais bon sang, un RMI'ste il veut d'abord manger. Le reclassement professionnel il s'en fout. Si déjà il touve un boulot de base il est ravi. En plus les dispositifs d'insertion il y pige rien. Les professionnels non plus d'ailleurs.

Quand est-ce qu'on cessera de faire semblant de croire que tout le monde peut-être inséré normalement, avec un travail, une formation professionnlelle adaptée l'amenant à une évolution de carrière.

Avec l'expérience je dirais que 50% des bénéficiares du RMI ne peuvent s'insérer professionnellement que dans le cadre d'emplois aidés. Des emplois d'exécution, où il suffit de répondre à une consigne simple. Des emplois d'ailleurs indispensables et pas assez valorisés. On n'imagine pas à quel point ses emplois permettent à la société de tourner. Il suffit juste de voir que les communes exploitent à fond le système pour l'entretien des espaces verts notamment, ou le nettoyage des trottoirs.

Comme depuis 20 ans ce type d'emploi n'existe plus que dans le cadre des emplois aidés, alors acceptons que les emplois aidés soient structurels. Intégrés aux politiques sociales et de l'emploi systématiquement. Ne faisons pas semblant de vouloir les supprimer pour les remettre 6 mois plus tard.
La preuve, le chômage ne baisse depuis 1 an que parce que les contrats aidés du plan Borlo ont été activés.Cessons également d'élaborer des dispositifs de formation qui pronent l'égalité des chances. Soyons concrets adaptons nous à la situation.

Oui, tout ça a un coût. Mais si tout pouvait se régler par l'entreprise, par l'emploi, l'embauche dans le privé, ça se saurait depuis longtemps. Et puis la société peut se permettre de payer un peu pour faire tourner ses services publics et avoir des trottoirs propres.
Par Pierre - Publié dans : vision-sociale
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Vendredi 31 mars 2006 5 31 03 2006 09:32
Aujourd'hui la journée commence par un point fait sur les situations de la veille. Particulièrement les situations d'enfants en danger.  En vrac : une mère alcoolique qui est hospitalisée, où va sa fille pendant ce temps - une fille de 13 ans qui ne veut pas rentrer chez elle car elle est frappée - une femme mère de 5 enfants amoureuse d'une autre femme et qui pour cela est menacée de mort par sa famille.

Je ne rentre pas dans les détails, mais voilà le quotidien des services sociaux départementaux.
Le mieux c'est que nous trouvons une solution à chaque fois.
 L'avantage c'est que dans un petit département on connait les partenaires et on peut travailler en direct.

Sur le fond, c'est ça aussi la vie et la société est tenue de mettre en place une organisation pour gérer ces demandes. Quelqu'en soit le coût nous devons y répondre. Les travailleurs sociaux sont formés pour accueillir ces demandes : certains vont jusqu'au bout de la démarche d'aide, d'autres ont peur. Mais peut-on les blamer. Il est bien normal d'avoir envie de se protéger face aux horreurs faites parfois aux enfants. La seule chose, ces travailleurs sociaux devraient accepter que c'est trop dur pour eux, en parler, se former, ou changer de poste.

Pour moi, je sais que ça m'est très pénible, notamment quand il s'agit de trouver une place à un enfant. Quand je dit place, il s'agit d'une place en foyer ou famille d'accueil. Mais cette place fait écho à la place qu'un enfant a dans une famille.

C'est bien là la question que je me pose. Ne pas trouver une place pour un enfant placé cest, pour moi, une catastrophe: cet enfant n'a pas de place !!

De quoi faire echo à ma vie personnelle. D'ou le défi du travailleur social.
Par Pierre - Publié dans : Enfance
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Jeudi 30 mars 2006 4 30 03 2006 18:04
Tout un programme !!

Je me souviens du temps que j'ai passé à tenter d'expliquer à des élus le profil des bénéficiaires du RMI. A expliquer que 50% d'entre eux ne sont pas dans un projet professionnel mais avant tout au début d'une insertion sociale, voire dans la survie. Que la mise au travail des bénéficiaires du RMI ne se faisait pas en le disant.

 De même je sais qu'il est ardu de faire comprendre à certains élus que toute une frange de la population a besoin des aides pour vivre.

A l'inverse j'ai eu à plusieurs reprises à bousculer des clients du service social pour qu'ils arrêtent d'être passifs et de geindre ou d'être racistes pour justifier qu'ils ne font rien pour eux.

Enfin, c'est aussi le rôle du cadre d'être entre l'expression du besoin des usagers et la stratégie que doit développer l'élus. C'est passionnant d'ailleurs.

J'ai quand même le sentiment qu'une partie des élus nationaux, et locaux, n'ont pas envie de réellement voir la fange. C'est vrai qu'il est difficile pour tout le monde de voir quelque chose et de faire ensuite semblant de n'avoir rien vu. c'est plus simple de ne pas voir, ou de se rallier à la tendance.

Mais notre époque n'est pas la première à cet égard. Regardons juste les réactions aux livres de Zola. Ca a été si dur car plus personne ne pouvais faire semblant de ne pas savoir. Il fallait donc se défendre et attaquer l'auteur de telles horreurs.

Peut-être est-ce pour ça qu'on n'ouvre pas la boîte de Pandorre de la fange.

Pierre
Par Pierre - Publié dans : vision-sociale
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Jeudi 30 mars 2006 4 30 03 2006 16:26
Voilà, une commission d'aide financières de plus. Encore une fois des demandes faites par des salariés qui ont entre 1000 € et 1200 € par mois. Je rapelle que le revenu médian est de 1200 € en France. Au passage cela signifie quand même qu'il y a de gros salaires en France car vu le grand nombre de personnes payées au SMIC et en dessous pour faire une moyenne à 1200 € il faut que les écarts soient très importants.

Sur cette commission que j'ai l'honneur (?) de présider 20% des dossiers concernent des travailleurs pauvres. Sur un examen de 50 dossiers les situations de ceux qui travaillent sont difficiles. Que ce soit pour payer une facture d'eau ou d'EDF ou pour manger en fin de mois. Un petit arrêt maladie et hop, 50% de salaire en moins.
Je ne parle d'ailleurs que de ceux qui travaillent. Car il y a tous ceux qui ne bénéficient pas des minima sociaux qui touchent donc des ASSEDIC ou des indemnités de formations. Ceux-là ausi sont concernés.

Résultat : on a toute une frange de la population qui reste dans une bulle contre son grès. Cela ressemble à un encart dans la société visible et bruyante.

Oh, ici, pas de complainte, juste des constats. Il y a parmi les gens modestes des irresponsables qui pensent que posséder est signe de valeur personnelle ou qui font passer leur intérêt avant celui des enfants.

Il n'empêche, la société s'accomode très bien des miséreux. Si cette même société part du principe qu'il n'y en a pas pour tout le monde, c'est donc logique qu'il y ai des pauvres. le problème c'est que les cloisons du sas sont étanches.

Donc, je donne des sous aux pauvres. Certains ne font pas d'efforts pour améliorer leur conditions. D'autres n'imaginent pas qu'ils peuvent avoir une autre destinée.

Bref, des sous encore des sous.

Pierre
Par Pierre - Publié dans : Pauvreté
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Jeudi 30 mars 2006 4 30 03 2006 11:14
Hier, plus de 1000 € pour des aides à l'alimentation d'urgence.

Un RMI, suspendu = plus de quoi manger. Un surendetteement qui tourne mal, idem.

Ah, au fait, on voit de plus en plus de demandes d'aides financières pour les perosnnes salariées au SMIC ou en temps partiel. Ils ont de quoi payer les charges et pas toujours de quoi manger correctement. Les salaires n'augmentent pas pas mais les charges galopent : l'équation est vite faite. Au delà des discours, c'est un phénomène réel et concret. Un salaire donne un statut socail, une vie sociale mais pas de de droit à l'improvisation. les employeurs profitant de la liste d'attente à l'ANPE.

Pierre
Par Pierre - Publié dans : Pauvreté
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