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Vision sociale

La vision sociale de la société par un simple citoyen qui connait les institutions sociales et  l'action sociale et qui s'intéresse à l'organisation sociale en général.
Dimanche 21 janvier 2007
L'argent roi ?

Là tout le monde s'attend à un discours révolutionnaire, à un appel au vote à l'extrème gauche.

Et bien non.

Tout commence à la lecture de "l'argent" de Emile ZOLA.

Certains le savent, je suis passionné par l'homme
Emile ZOLA et son oeuvre. Il se trouve qu'à la lecture récente de "l'argent" j'en ai tiré la citation qui suit. Oeuvre écrite à la fin du 19ème siècle qui propose une analyse basique et facile à comprendre de la bourse et des ressorts l'appat du gain.

"...L'argent, empoisonneur et destructeur, devenait le ferment de toute végétation sociale, servait de terreau nécessaire aux grands travaux dont l'exécution rapprocherait les peuples et pacifierait la terre. Elle avait maudit l'argent, elle tombait maintenant devant lui dans une admiration effrayée : lui seul n'avait-il pas la force qui peut raser une montagne, combler un bras de mer, rendre la terre enfin habitable aux hommes, soulagés du travail, désormais simples conducteurs de machines ? Tout le bien naissait de lui, qui faisait tout le mal...".

Comment mieux résumer  l'argent ?

C'est ce paradoxe , quasi originel, qui m'a intéressé. Et comme il est vieux comme le monde je ne suis pas le premier à m'y arrêter.

Nul besoin en l'espèce de décrire le contexte d'où est extrait ce texte dans l'hiostoire. Simplement "elle" est une des personnages principaux du roman. Elle est rongée par le doute et troublée par le choix qui s'offre à elle : résister à l'apât du gain et se laisser séduire par l'argent facile et l'homme qui le lui promet. A la base elle est plutôt dans le besoin. Son frère est un ingénieur ignoré mais tellement compétent qui n'a besoin que d'un soutien financier. Des petits rien qui font tout.

Comme le plus grand nombre d'entre nous je ne cesse de m'interroger sur la place donnée à l'argent dans l'organisation de la société. Non pas l'argent comme attribut essentiel de l'échange, ni comme référence nécessaire pour déterminer la valeur d'une chose ou du travail.

Mais l'argent érigé comme système d'organisation sociale. Ce pouvoir représenté par les investissements purement ficanciers dans les entreprises au détriment de la valeur de la production induite par le travail. Le pouvoir également des grands groupes dont l'objectif numéro 1 est le profit. Non pas que le profit soit un gros mot, il est essentiel à la vie d'une entreprise et par conséquent de la société. Mais ce profit érigé en politique et qui entraine des prises de position contre le développement durable ou l'emploi.

Je pense également à la bourse. Elle aussi semble être utile dans les rouages économiques. Mais je vous engage à aller sur les forums des sites de boursicoteurs tels que "boursorama". Les discours qu'on retrouve sont édifiants. Il s'agit de la réaction des particuliers, petits ou moyens porteurs. Le premier réflexe est de gagner le plus possible. Quoi de plus naturel, si on investit à la bourse c'est bien pour que ça rapporte le plus possible.

Jusque là rien de trop choquant. Toutefois, les raisons du bénéfice importent peu. Il n'y a ni bonnes ni mauvaises raisons. On peut lire souvent : "je garde les actions car le groupe prévoit une vague de licenciement, le cours va monter" ou tel autre qui se félicite du regroupement d'agences bancaires qui vont permettre des économie et donc un attrait pour les actions donc une montée etc. C'est la banalisation de ce discours qui symptomatique.


La fin justifie donc les moyens.

Ce discours n'est pas nouveau, il est ancré dans une grande part de la population. Il n'est maintenant plus exceptionnel de souhaiter des liencenciements massifs pour que le cours de la bourse monte. Non pas des liencenciements pour sauver une entreprise mais juste pour augmenter le rendement des actions et de faire monter les cours.

Serait-ce révélateur d'une société coupée avec d'un côté les conscients et de l'autre les insensibles qui ne pensent qu'à leur profit personnel ?
D'autant que l'organisation sociale le permet.

Je n'invente rien. Mais cet état de fait m'ennui. L'attitude de la course au profit est stérile pour l'évoluton sociale, elle n'apporte rien, elle ne consiste en aucun partage.

Certain en lisant mon texte vont me plaindre pour ma naïveté ou vont sourire que j'aime me battre contre des moulins à vent, ou que j'enfonce des portes ouvertes. L'homme est ce qu'il est depuis que le monde est monde.

C'est vrai, je donne l'impression de découvrir la poudre mais c'est en se frottant aux gens qu'on ne connait pas qu'on passe de la théorie à la pratique.
Je considère qu'au contraire c'est en analysant ce qui nous entoure que d'une part on peut soi même choisir la place qu'on souhaite tenir et d'autre part on s'intéresse aux autres et on ne fait pas n'importe quoi les yeux fermés.


Pour l'argent comme pour le reste restons les yeux ouverts. Faisons en sorte qu'il ne soit pas le mobile du Crime.


Par Pierre - Publié dans : Débats
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Jeudi 28 décembre 2006
Subvenir et insérer

Il semblerait que le RMI permette l'insertion professionnelle.



Ne voyez là aucun persiflage ni cynisme. C'est vrai, dans certaines circonstances le RMI est un outil d'accompagnement de l'insertion professionnelle.

La preuve, cette dame, seule, la quarantaine, qui décide, loin de chez elle, de créer une crèperie.
Elle en rachète une existante dans une ville de l'est de la France. Ville classique de 20 000 habitants.
Installée depuis avril 2006, elle ne peut encore pas se tirer de salaire. Son restaurant est bon, frais, d'un excellent rapport qualité prix avec un service rapide.

Il se trouve que cette dame est au RMI afin d'avoir un revenu minimum d'existence en attendant mieux. En attendant surtout qu'elle puisse tirer des revenus de son travail.

Comme sais-je qu'elle est au RMI ? Et pourquoi est-ce intéressant ?

 A la première question la réponse est simple : c'est moi qui valide les contrats d'insertion.
C'est l'occasion pour moi de rappeler le fonctionnement du RMI : Le principe établi dès sa création est le versement d'une allocation, minimum, avec en contrepartie la mise en place d'une démarche d'insertion du bénéficaire.

Cette démarche doit obligatoirement se traduire par la signature d'un contrat d'insertion. Celui-ci a pour fonction de formaliser les actes et actions d'insertion sociale, personnellle ou professionnelle que le bénéficaire va mettre en place.
En résumé : tu as droit à une allocation mais tu dois t'engager dans ton insertion. Tu ne dois pas rester consommateur d'aide mais te prendre ne main. La société subvient à tes besoins fondamentaux mais tu dois d'insérer dans cette même société.

A cela rien de choquant, au contraire, le principe est plutôt sain. Sauf quand le discours, de plus en plus répandu stigmatise les bénéficaires comme fénéants, profiteurs et bien contents d'être au RMI sans rien faire. Je propose donc à tous ces donneurs de leçon de vivre chaque mois avec 370 €. Vous trouverez d'ailleurs dans ce blog des articles sur la pauvreté.

Donc, c'est moi qui valide les contrats d'insertion car la loi dit que ce sont désormais les Conseils Généraux seuls qui les valident car ce sont eux qui payent.

J'ai donc le privilège, la lourde tâche de décider si le contrat d'insertion signé entre le bénéficaire et l'assistante sociale est conforme à une démarche d'insertion réaliste.

Je m'acquite de cette fonction sans plaisir, notamment car les pistes d'insertion sont tellement maigres qu'on se transforme plus en chambre d'enregistrement qu'en lieu de créativité.

Il m'arrive de suspendre des allocations d'allocataires qui ne repondent même pas aux rendez-vous fixés par le travailleur social . Je rassure les plus sensibles il s'agit d'une quinzaine de situations par an sur 1500 bénéficiaires.

Donc, ce privilège de ma fonction m'a permis de valider le contrat d'insertion de cette restauratrice.

Et voilà donc pourquoi son exemple est intéressant, car, le RMI est dans ce cas en accord avec sa fonction : subvenir et insérer. Je reste optimiste en imaginant que cette crépière va s'en sortir et quand je valide son contrat j'aime à penser que c'est un tout petit peu grâce à moi. Mais en fait je ne me fais pas d'illusion, elle n'a pas besoin de moi pour s'en sortir.

Ceci dit, c'est plutôt sympa de pouvoir valider une démarche d'insertion concrète.

J'ai testé son restaurant, j'ai aimé. J'étais à la fois fier de lui payer mon repas, ma contribution, et un peu géné car je la connaissais par son versant de vie pas très valorisant. Elle ne me connaissait pas et ne savait pas que j'avais connaissance de son parcours.

Je vous recommande à tous cette adresse ou des adresses similaires.  Il y en a partout en France.
Par Pierre - Publié dans : Pauvreté
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Mercredi 20 décembre 2006
Le dilemme éludé


Cela n'aura échappé à personne : les élections présidentielles approchent.

La tension monte chez les candidats .

Je ne vais pas me lancer dans des lieux communs du style : les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

En revanche il me semble que nous sommes devant 1 dilemme d'importance, qui, chez moi, provoque troubles et inquiétudes. Je suppose donc, quitte à être imodeste que je ne suis pas le seul dans ce cas.

Je m'explique.

Le dilemme qui me trouble touche aux choix économiques à faire.

L'économie. En, théorie je n'y connais rien.
 En revanche je sais observer, me semble-t-il.

 Ce qui est troublant c'est que le constat est partagé par tous. Que ce soit les tenants du libéralisme débridé ou ceux d'une économie au minimum régulée, sans parler des partisans de l'économie collectiviste. Eliminons d'emblée la dernière. Pour les 2 autres, les constats sont simples :

- Le nombre de bénéficiaires du RMI a augmenté ces dernières années.
Ce qui est le résultat, entre autre, d'un manque d'emploi non qualifiés de basses oeuvres. Ce n'est pas l'augmentation du nombre de contrats aidés par l'Etat (contrat d'avenir et d'accompagnement vers l'emploi) qui pallie à ce problème. Il ne fait que confirmer qu'une tranche de la population est dépendante de ce type de contrats. En effet, très concrètement quand le nombre de contrat augmente, le nombre de bénéficaires du RM diminue et inversement. Actuellement, en pré campgane électorale, l'Etat augmente les quotas de contrats. Résultats le nombre de bénéficiaires du RMI cesse provisoirement d'augmenter. Cette précarité là est juste masquée. Elle s'enkyste.

- Les personnes dépendantes des aides sociales et prestations familiales est en augmentation.
Et même s'il est difficile de les quantifier, cette frange de la population ne sort plus de cette dépendance. A ce propos, il est à noter que nous voyons une recrudescence dans les centres médico socio de toutes jeunes mamans de moins de 20 ans, seules, en rupture parentales. Une sorte de retour en arrière.

- Contrairement aux annonces, je reste persuadé que le chômage ne diminue pas.
En ce moment, dans les Ardennes, les chiffres des suppressions d'emploi font tourner la tête. Les chances de reclassement dans le département sont nulles. Les constructeurs automobiles licencient, etc.

- L'INSEE confirme la précarisation des salariés et notamment des employés. Avec comme résultat une perte de pouvoir d'adhat nette. Ceci est du, en partie au développement des temps partiels et des services à domicile qui engendre des contrats avec peu d'heures et très découpés.

- Des politiques de baisse de charges sur le bas salaires et les temps partiels. Résultats les supermarchés n'embauchent plus à temps plein et les entreprises laissent les salariés au SMIC, qui, lui augmente très peu. L'intérêt est évident, puisque les charges sont plus basses l'augmentation des salaires n'est pas opportune.

- Les Classes moyennes s'appauvrissent notamment en raison de la stagnation des salaires.

- L'argent va à l'argent.
Il ne s'agit pas d'un discours révolutionnaire mais d'un constat. Des sociétés, très opaques, dont le seul objectif est l'investissement financier dans les entreprises se développent. Résultat, une vue uniquement fiancière sans stratégie industrielle avec comme seule motivation : que l'investissement rapporte au détriment notamment des salariés. Sans parler des fonds de pension. D'une manière générale la part donnée aux actionnanires est en constante augmentation. Le revenu due au travail est proportionnellement de plus en plus faible en rapport à celui de l'argent investit dans les sociétés. Les salariés travaillent moins pour eux que pour les actionnaires dont les dividendes doivent augmenter.

- A côté de ces constats de nombreux chefs d'entreprise travaillent énormémement pour maintenir leur entrepirse.
Disent être submergés par les charges. Ainsi, tel coiffeur qui me disait, après 25 ans de carrière, qu'il gagnait maintenant autant en tarvaillant plus en raison des charges.

- De manière flagrante le fossé se creuse entre pauvres et riches. Les écarts n'ont jamais été aussi importants entre bas et hauts revenus.

- La France a des poblèmes d'argent.
Les caisses seraient vides. J'utilise le conditionnel à dessein. Mais tel Conseil Général qui veut limiter l'augmentation de budget à 2% pour 2007 se fixe un objectif irréaliste. Le transfert des compétences est tel qu'en dessous de 10 % c'est une gageure. En revanche il ne s'interroge pas sur sa politique d'investissement qui sert à l'affichage politique mais qui ampute très sérieusement le budget de fonctionnement. L'excuse est que le département est pauvre.


Aussi on ne sent pas de frein à cette machine à exclure. On ne peut que constater que tous ces faits s'enracinent. Tout le monde s'en plaint :
- les pauvres, on comprend pourquoi
- les riches car ils ont peur de perdre et se trouvent entourés de fénéants et car ils payent tout le temps
- Les politiques car la consommation  n'est pas suffisante pour alimenter l'économie
- les chefs d'entreprise car ils payent trop de charges, peut-être même à juste titre.


Nous voici donc devant un dilemme : tous les pauvres ne sont pas des fénéants et tous les patrons ne sont pas des tueurs. Tout le monde veut consommer mais tous ne le peuvent pas. Tous les patrons veulent développer leur affaire mais ne le peuvent pas. Et puis on délocalise. Et on nous met la pression sur la faillite de la France.

Tout le monde est d'accord, de droite comme de gauche. Les éléments ne sont pas contestés et pourtant rien. Pas de propositions, pas de courage pas d'engagement.


Face à un dilemme il faut faire un choix : je n'en vois aucun qui se profile. Personne ne tranche, ne construit. Tout le monde constate, c'est le plus simple.

Moi, quand je suis face à un dilemme persistant, basé sur des constats récurents objectifs, j'angoisse de ne pouvoir décider ni avancer. Je me donne les moyens de faire un choix.

Avis aux amateurs


Par Pierre - Publié dans : Débats
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Jeudi 12 octobre 2006
L'indispensable travail pénible

Ne voyez dans ce qui suit une prise de position.
C'est un constat, une description d'une situation somme toute banale mais pas anodine.

Mme V.(comme victoire par exemple), seule avec 1 fille de 15 ans. Elle habite dans une ville moyenne de 20 000 habitants en Province. Taux de chômage local dans la moyenne nationale. Elle habite dans un HLM pas trop mal mais un peu cher.

Mme V (V comme victorieuse) travaille, elle y tient. Elle ne fait pas 35h, sont salaire est de 800 € par mois net. Tous les mois sont durs. L'ensemble de charges sont payées et notamment celles liées à son trajet professionnel. Il ne reste rien à la fin du mois.

Mme V (V comme valeureuse) n'a pas le permis de conduire. Elle travaille à 6 Km de la ville. Ses horaires sont faits de telle sorte qu'elle travaille matin et après midi avec une coupure de 4h en milieu de journée.

Elle est femme de service dans une sation service auto routière.

Autre élément de contexte : nous sommes dans l'Est de la France et les hivers sont froids et rigoureux.

Voilà donc Mme V. (v comme victime ?) qui fait 2     allers et retours par jour, soit 24 km en scooter par tous les temps. Régulièrement elle est renversée par l'aspiration d'un camion. Elle ne manque pas un jour.

Voilà donc que son scooter ne fonctionne plus et est irréparable. Mme V (v comme vidée) n'a aucune possibilité financière de le remplacer. Pas de scooter plus d'emploi. Le patron est effectivement prêt à la licencier pour stopper la galère. Mme V (V comme  vaillante) refuse, elle tient à son emploi et n'est pas frileuse. Les banques ne lui prêteront pas un centime, budget trop tendu. elle ne succombe pas au charme des sociéte de crédit.

Mme V (V comme va voir les aides possibles)   en appelle aux services sociaux, seul recours semble-t-il. En effet les services sociaux lui proposent un prêt sans intérêt sur des fonds d'insertion pour acheter le scooter.
Mme a sauvé son emploi.

Grâce à elle nous avons des chiottes propres dans les station services.

Désormais, on pensera à elle et on évitera de lui alourdir la tâche en ne pissant pas à côté (là je parle pour les hommes). On évitera de la dédaigner quand on la croise, ou l'engueuler quand elle en train de laver juste quand on va aux toilettes ( là je parle pour tout le monde).

Désormais avant de raler sur son propre triste sort on pensera à elle et se rendra compte qu'on n'a pas de quoi se plaindre. Qu'elle, elle ne prendra pas sa retraite à 55 ans sinon elle touchera le minimum vieillesse. Qu'elle est à la merci de son patron qui, parce qu'elle est arrivée en retard à cause de son scooter, peut la licencier.

Je m'arrête là pour ne pas tomber dans le misérabilisme.

Nous ne vivons pas seuls, ceux qui on de l'argent en suffisance peuvent le dépenser dans de bonnes conditions grâce à des Mme V. (V comme à Votre service)

Mme V. (V comme "comme Vous") fait-elle preuve d'un courage hors norme ou tient-elle juste sa place ?
Par Pierre - Publié dans : vision-sociale
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Lundi 2 octobre 2006
Chronique du racisme ordinaire
Ou comment la peur de l'autre devient anodine

J'utilise ici le mot racisme car je n'en trouve pas d'autre. Il va paraître un peu fort mais en somme, avoir peur de l'autre, se protéger de son contact, vouloir se sécuriser c'est
en soi au minimum les racines du racisme.

Région parisienne, au sud, mais ça pourrait être à tout autre point cardinal.
2  villes d'importance égale.
Toutes 2 offrent aux habitants des communes avoisinantes des marchés d'égale importance, 3 fois par semaine.
En gros le service est le même les prix également.
Seulement, aux yeux de certains la différence est de taille.
Dans un marché on croise des personnes de toutes les couleurs, de toutes les origines en boubou ou voilée. Il y a aussi des blancs.
Dans l'autre, plus de blancheur, moins de diversité, moins de différences. Il faut dire que le ville en question est plus résidentielle.
Entre les 2 des habitants de résidences plutôt protégées.
Dans ces résidences à égale distance des 2 marchés, des choix clairs s'opèrent : il n'est pas honteux de dire qu'on préfère aller au marché dans lequel il y a moins de noirs.

Où se situe le problème : Pas dans le libre choix. chacun va où il veut. Après tout le marché blanc est peut-être mieux achalandé.

Assurément, le fait qu'on se pose la question de savoir où il y aura moins de personnes colorées est un problème en soi. Faire de la diversité un critère de choix est révélateur de l'état d'esprit  de la personne qui opère ce choix.

Que cherchent les gens se posent cette question. A être en sécurité ? A se sentir entre semblables pour être certains de ne pas se remettre en question. Il est dur de regarder un miroir quand on est moche. Surtout quand dans le miroir il y a une personne qui peut être plus belle mais d'une autre couleur. La laideur n'étant dans ce sens pas que physique.

Une partie de la population a-telle tellement peur de perdre ses malheureux acquis que la confrontation à l'autre est un danger ?
N'a-t-on pas plus peur des autres que quand soit même on n'est pas sûr de soi.
Mais alors pourquoi autant de personnes sont si peu sûres  d'elles.
L'organisation sociale, la pression de la consommation et de la beauté serait-elle trop forte ?

Quant à moi j'ai adoré ma balader dans ce marché très coloré. J'étais à l'aise . Je me rends compte maintenant que je ne me suis jamais posé la question pour choisir une destination du mélange que j'allais trouver. Je ne suis heureusement pas le seul. Juste un anonyme parmi tant d'autrres.

Et vous ?
Par Pierre - Publié dans : vision-sociale
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Lundi 2 octobre 2006
J'évoquais il y a quelques temps la sélection au collège et la manière de regrouper les élèves en difficullté tant sociales que scolaires et éducatives.

Je m'interrogeais, ainsi que certains des lecteurs du présent blog sur l'opportunité d'un tel tri et le décalage hypocrite entre le discours sur l'égalité des chances et la réalité.

Je précisais qu'un tel tri ne pouvait avoir de sens que si les classes de ses enfants en difficulté et difficiles bénéficiaient d'un projet particulier et les meilleurs profs.

Aussi, il se trouve que cette sélection d'enfants est volontaire pour de bonnes raisons.

Les enfants en difficulté, connus depuis le début de leur scolarité pour ne pas suivre et être en retard scolaire et dont les comportements sont préoccupants ont été regroupés dans une même classe pour leur proposer un projet adapté.
Les raisons invoquées sont à mon sens recevable. Notamment qu'il est inutile de disperser ses enfants dans les autres classes dans lesquelles ils seront très vite en difficulté et en retard.

Une classe a donc été constituée avec comme conditions :

- que ce ne soit pas annoncé officiellement comme partie intégrante du projet d'établissement. Je l'ai donc su par "la bande".

- que l'équipe éducative soit volontaire.

Les 2 conditions sont réunies.

Pour la première, pas d'annonce officielle : l'objectif est de ne pas tendre le baton pour se faire battre. A en juger par ma réaction lors de la découverte de ce tri, je peux comprendre. Par contre, ne serait-il pas plus constructif d'en faire un projet, d'assumer qu'il y ai des classes à 2 vitesses. Ceci obligerait l'établissement à afficher le projet, les équipes, et analyser les résultats, de rendre compte. On reste dans le discrétionnaire et en cas d'échec, l'analyse en restera partielle et surtout uniquement interne au collège. D'ailleurs pour rmesurer l'échec il est nécessare de connaître les objectifs A contrario, annoncer aux parents de ces enfants le projet d'une classe pour enfants en difficultés est, à n'en pas douter, délicat. Il  y aurait sans conteste, réticence et incompréhension. Je vois d'ici les parents dire que leur enfant ne va pas aller avec tous ces cas soc'. Laissons donc le bénéfice du doute au collège.

Pour la deuxième : je féléicite ces rpofs volontaires qui ont devant eux un beau défi professionnel.

Je vais essayer de suivre le projet en douce, puisque ce n'est pas officiel.

Il n'en demeure pas moins que mes propos tenus dans l'article d'origine sont justifiés sur le fond.

Je souhaite pleine réussite à tous ces enfants.

Par Pierre - Publié dans : vision-sociale
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Mercredi 13 septembre 2006
250 €

C'est le montant de la facture que cherche à recouvrer EDF GDF.

Au demeurant rien que d'ordinaire, sauf que maintenant les usagers sont coupés pour cette somme et qu'en cas de dette s'il n'y a pas de paiement intégral il y a  coupure.

Sauf que l'usager est MORT.

Si, si , Monsieur G est décédé il y a 3 mois. C'était un pauvre type dont le seul ami était l'alcool, qui habitait dans un taudis et dont la seule famille était un frère dans le même état que lui.

L'assistante sociale, connaissait ce Monsieur, assurait un suivi, notamment pour le contrat RMI. Cette même assistante sociale, quelques mois avant la mort de M. G était allée le voir dans son appartement après qu'il soit sorti des urgences de l'hôpital. En bref un M.G dans un très mauvais état dont les jours était comptés. Pas de grosses dettes par ailleurs.

M. G est donc mort, seul, dans son appartement.

Oui mais voilà il avait une dette EDF de 250 ?.

Oui mais comme il était mort EDF se devait quand même de recouvrer sa dette.

Donc EDF envoie la facture au Conseil Général, centre médico social, au nom de l'assistante sociale. Dans un premier temps celle-ci n'en parle pas à sa hiérarchie. Seulement EDF envoie un rappel toujours au nom de l'assistante sociale. Bien oui, celle-ci n'a pas payé.
Du coup son responsable écrit à EDF GDF pour lui demander de cesser ce recouvrement et d'enlever le nom de l'assistante sociale du dossier de M. G.

Oui mais voilà, quelques semaines après c'est une société de recouvrement qui revient à la charge. Toujours pour les 250 ?. Oui mais ils ont enlevé le nom de l'assistante sociale, mais adresse toujours la facture au Conseil Général.

Donc re-courrier du responsable qui attend avec impatience la suite de l'histoire.

A noter également qu'il est arrivé la même mésaventure à une collègue de cette assiatante socaile pour un autre Monsieur décédé.

Résultat de l'opération :

- tout le monde perd du temps
- les frais de recouvrement vont bientôt atteindre le montant de la facture
- EDF GDF ne sera pas payé de sa facture.


Je sais que vous en voulez une autre.

Mme X a une dette de 600 ? avec menace de coupure.  Les aides cumulées se montent à 300 ?. Mme paye 100 ?, travaille et négocie un plan d'apurement de 100 ? par mois en lien avec l'assistante sociale. Celle-ci prend contact avec EDF. Dans un premier temps discussion avec un agent EDF qui réaffirme les consignes nationales : pas de négocaition, paiement intégral. Le responsable d'agence intervient en refusant toute négociation.

Conclusion :

- tout le monde se décarcasse, y compris l'usager (ce qui est normal), des efforts sont faits, une assistante sociale s'implique mais pas EDF.
- Mme a payé ses 100 ?, les organismes d'aide 300 ? et EDF ne fait pas la moindre concession
- Mme sera quand même coupée malgré nos interventions.
- On veut donc nous faire croire que l'égalité territoriale dans l'accès aux énergies est assurée et que les tarifs n'augmenteront pas.

Et on veut nous raconter que GDF doit être privatisé, qu'il s'agit de vie ou de mort pour l'indépendance énergétique de la FRANCE

Mais il s'agit surtout d'une question de vie ou de mort pour les pauvres.

Le gouvernement a choisi son camp. Non ?

Par Pierre - Publié dans : Service public
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Jeudi 7 septembre 2006
La sélection au collège existe, je l'ai rencontrée..

Je ne pense dévoiler aucun grand secret, je ne pense pas être le premier à le dire. Mais j'avais envie d'en parler car le discours est totalement inverse.

Voyez plutôt :

Le contexte :

Une ville de 5000 habitants dans une province calme. Une ville sans histoire avec un taux d'immigration très faible. Une petite concentration de familles d'origine maghrébine et turque dans les quartiers les moins chers et les plus dégradés (ça vous étonne, n'est ce pas). Une ville qui ne se développe plus, dont l'emploi végète, dont la population ne se renouvelle plus beaucoup. Rien que de très classique. Les cadres et autres fonctionnaires habitent dans les villages voisins : ils peuvent ainsi profiter de la campagne, des grandes maisons moins chères et de la ville toute proche.
Dans cette ville le collège public. Environ 450 élèves. Une petite unité. On y retrouve les pauvres et ceux en difficultés sociales de la ville et les enfants de cadre des villages, notamment.

Les gens :

Moi (description très égocentrique, mais ça fait pas de mal de temps en temps).
Avec mon épouse. et notre fils qui rentre en 6ème.
En dehors du fait que c'est le grand saut, l'angoisse pour...les parents, nous avons pu observer le fonctionnment de la construction des classes. A noter que je suis cadre dans le social et que mon épouse est assistante sociale sur les secteurs d'où viennent les enfants. Dans la famille on ne fait pas très original. Mais je vous assure qu'on parle d'autre chose que de social le soir. On parle aussi de politique.


L'observation :

Dans ce collège 6 classes de 6ème. Jusque là, très classique.
Pour nos chers bambins il faut faire des choix : la langue vivante et nouveauté cette année dans ce collège les classes bilangues dès la 6ème. On a tous connu ça. J'étais moi même à la fin des années 70 dans la classe Allemand.
Il existe deux catégories d'enfants dans cette classe :
    - les enfants de cadres, éduqués (en théorie), ayant les moyens d'éduquer leurs enfants, et surtout connaissant le fonctionnement des collèges.
     - et pour cette classe en particulier les potes de l'équipe de rugby locales. A noter que nous sommes dans l'Est où les écoles de rugby sont rares. Les joueurs sont donc un club restreint et encore plus soudé.
Il se trouve que mon fils fait partie des 2 catégories. Pas mal, n'est-ce pas.


Ceci dit, Lundi 04/09/06 8h appel des enfants pas classes.

Devinez quoi : tous les enfants les plus durs, issues tous des catégories suivies par la fameuse assistante sociale (voir plus haut), dont les parents sont en plus d'être pauvres en grande difficulté éducative (je ne reviens pas ici sur le fond).

Nous nous retrouvons donc avec une classe d'élite, ou soit-disant telle, et celle des enfants hors jeu dont on sait qu'ils n'auront pas le niveau intellectuel ni éducatif pou réussir selon les standards de la société.

Alors, en tant que parents on est ravi. De toute manière les "cas sociaux" comme les affuble joliement ceux qui ne le sont  pas ne diront rien. Par contre les autres verront d'un mauvais oeil des cas sociaux dans la classe de leurs enfants chéris.

Je vous livre alors quelques réflexions et questions :

- Quels sont les profs qui prennent en charge cette classe des hors jeu, les moins bons, les dépressifs en fin de carrière ou les meilleurs et les plus motivés ?

- La sélection, pourquoi pas mais alors est-ce que des filières ou des aménagements spéciaux sont prévus pour donner une chance de plus à ces enfants géthoisés ?

- Est-on sûr qu'en mettant trous les élèves bruyants, au comportement difficile ensemble, il se créera l'émulation nécessaire à l'apprentissage ?

- Ne crée-t-on pas là également un clivage de plus ?

- Mais les bons élèves peuvent-ils progresser dans des classes ou les moins bons tirent vers le bas le rythme et perturbent les cours ?

- Inversement, un élève en difficulté ne progresse-t-il pas mieux avec des bons ?

Toujours est-il que dans ce collège le clivage est clair, affiché.

On verra à la fin de l'année scolaire si je me trompe ou pas.


Qu'en pensez-vous ?
Par Pierre - Publié dans : vision-sociale
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