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Dimanche 21 janvier 2007
L'argent roi ?

Là tout le monde s'attend à un discours révolutionnaire, à un appel au vote à l'extrème gauche.

Et bien non.

Tout commence à la lecture de "l'argent" de Emile ZOLA.

Certains le savent, je suis passionné par l'homme
Emile ZOLA et son oeuvre. Il se trouve qu'à la lecture récente de "l'argent" j'en ai tiré la citation qui suit. Oeuvre écrite à la fin du 19ème siècle qui propose une analyse basique et facile à comprendre de la bourse et des ressorts l'appat du gain.

"...L'argent, empoisonneur et destructeur, devenait le ferment de toute végétation sociale, servait de terreau nécessaire aux grands travaux dont l'exécution rapprocherait les peuples et pacifierait la terre. Elle avait maudit l'argent, elle tombait maintenant devant lui dans une admiration effrayée : lui seul n'avait-il pas la force qui peut raser une montagne, combler un bras de mer, rendre la terre enfin habitable aux hommes, soulagés du travail, désormais simples conducteurs de machines ? Tout le bien naissait de lui, qui faisait tout le mal...".

Comment mieux résumer  l'argent ?

C'est ce paradoxe , quasi originel, qui m'a intéressé. Et comme il est vieux comme le monde je ne suis pas le premier à m'y arrêter.

Nul besoin en l'espèce de décrire le contexte d'où est extrait ce texte dans l'hiostoire. Simplement "elle" est une des personnages principaux du roman. Elle est rongée par le doute et troublée par le choix qui s'offre à elle : résister à l'apât du gain et se laisser séduire par l'argent facile et l'homme qui le lui promet. A la base elle est plutôt dans le besoin. Son frère est un ingénieur ignoré mais tellement compétent qui n'a besoin que d'un soutien financier. Des petits rien qui font tout.

Comme le plus grand nombre d'entre nous je ne cesse de m'interroger sur la place donnée à l'argent dans l'organisation de la société. Non pas l'argent comme attribut essentiel de l'échange, ni comme référence nécessaire pour déterminer la valeur d'une chose ou du travail.

Mais l'argent érigé comme système d'organisation sociale. Ce pouvoir représenté par les investissements purement ficanciers dans les entreprises au détriment de la valeur de la production induite par le travail. Le pouvoir également des grands groupes dont l'objectif numéro 1 est le profit. Non pas que le profit soit un gros mot, il est essentiel à la vie d'une entreprise et par conséquent de la société. Mais ce profit érigé en politique et qui entraine des prises de position contre le développement durable ou l'emploi.

Je pense également à la bourse. Elle aussi semble être utile dans les rouages économiques. Mais je vous engage à aller sur les forums des sites de boursicoteurs tels que "boursorama". Les discours qu'on retrouve sont édifiants. Il s'agit de la réaction des particuliers, petits ou moyens porteurs. Le premier réflexe est de gagner le plus possible. Quoi de plus naturel, si on investit à la bourse c'est bien pour que ça rapporte le plus possible.

Jusque là rien de trop choquant. Toutefois, les raisons du bénéfice importent peu. Il n'y a ni bonnes ni mauvaises raisons. On peut lire souvent : "je garde les actions car le groupe prévoit une vague de licenciement, le cours va monter" ou tel autre qui se félicite du regroupement d'agences bancaires qui vont permettre des économie et donc un attrait pour les actions donc une montée etc. C'est la banalisation de ce discours qui symptomatique.


La fin justifie donc les moyens.

Ce discours n'est pas nouveau, il est ancré dans une grande part de la population. Il n'est maintenant plus exceptionnel de souhaiter des liencenciements massifs pour que le cours de la bourse monte. Non pas des liencenciements pour sauver une entreprise mais juste pour augmenter le rendement des actions et de faire monter les cours.

Serait-ce révélateur d'une société coupée avec d'un côté les conscients et de l'autre les insensibles qui ne pensent qu'à leur profit personnel ?
D'autant que l'organisation sociale le permet.

Je n'invente rien. Mais cet état de fait m'ennui. L'attitude de la course au profit est stérile pour l'évoluton sociale, elle n'apporte rien, elle ne consiste en aucun partage.

Certain en lisant mon texte vont me plaindre pour ma naïveté ou vont sourire que j'aime me battre contre des moulins à vent, ou que j'enfonce des portes ouvertes. L'homme est ce qu'il est depuis que le monde est monde.

C'est vrai, je donne l'impression de découvrir la poudre mais c'est en se frottant aux gens qu'on ne connait pas qu'on passe de la théorie à la pratique.
Je considère qu'au contraire c'est en analysant ce qui nous entoure que d'une part on peut soi même choisir la place qu'on souhaite tenir et d'autre part on s'intéresse aux autres et on ne fait pas n'importe quoi les yeux fermés.


Pour l'argent comme pour le reste restons les yeux ouverts. Faisons en sorte qu'il ne soit pas le mobile du Crime.


Par Pierre - Publié dans : Débats
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