L'ANPE n'est évidemment pas hors de toute pression.
Il est désormais de notoriété publique que l'ANPE doit faire du chiffre. Elle doit rencontrer tous les mois les chômeurs. Pour leur proposer des pistes d'insertion et aussi pour mesurer la motivation des sans emploi.
Parallèlement le chiffre du chômage baisse. En effet les radiations s'accélèrent. A ce sujet voir les articles ici et là.
Ceci dit ce qui est sûr, c'est la pression qui existe à l'ANPE sur les agents. Sur une ANPE d'une ville de taille moyenne avec un taux de chômage dans la moyenne, cela représente 180 demandeurs d'emploi par agents ANPE. Sachant qu'ils doivent être vus chacun une fois par mois et qu'il a fallu en quelques mois revoir toutes les personnes en "stocks" (terme consacré). Je vous laisse donc imaginer le rythme de travail, la durée des entretiens et donc la qualité qui en découle. En effet, il ne suffit pas de pouvoir justifier d'un entretien par mois pour être sûr d'avoir été efficace dans l'écoute et l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Certes, il y a eu des recrutements de conseillers ANPE... en CDD. De la même manière qu'il y a eu des recrutemets dans des maisons de l'emploi en CNE.
Ces jours ci, un conseiller ANPE, avec qui je travaille régulièrement, m'indique que l'ANPE a ouvert un numéro vert pour la prévention des suicides. Intéressé je l'interroge et souhaite avoir des détails en pensant que l'ANPE met en place un dispositif à destination des demandeurs d'emploi. Car en effet il semblerait que la pression s'excerce sur eux également. Initiative qui me parait donc opportune.
Le numéro vert n'est pas pour les demandeurs d'empli mais pour les conseillers ANPE. Ainsi donc, contrairemnt à chez Renault, l'ANPE anticipe les effets de la pression mal contrôlée. Une bonne nouvelle pour les agents ANPE.
Mais encore une fois au lieu de s'interroger sur l'intérêt et la gestion de la pression on propose une solution d'extrémité. Comme pour se dédouaner
Autrement dit, on ne veut pas organiser l'ANPE autrement, on cède à la pression populaire et politique, les dirigeants mettent la pression sur les agents. Il est problable quele numéro vert coûte moins cher que de mettre en place un véritable service aux demandeurs d'emploi avec des agents formés et qui ont le temps. Il est de toute manière très rentable politiquement, surtout en ce moment, de pouvoir revendiquer un suivi régulier des chômeurs autant pour les aider que pour leur mettre la pression. Les remettre au travail ces fainéants !!
A noter d'ailleurs que des suicides il n'y a ne pas que chez Renault, Peugeot a eu également le sien récemment.
Je reparlerai de la pression dans l'industrie automobile dans un prochain article. Exemple à l'appui. Et là il n'y a pas de numéro vert.
Alors, chômeurs, prenez soin de vos conseillers ANPE.
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