vision-sociale

Jeudi 30 mars 2006
Tout un programme !!

Je me souviens du temps que j'ai passé à tenter d'expliquer à des élus le profil des bénéficiaires du RMI. A expliquer que 50% d'entre eux ne sont pas dans un projet professionnel mais avant tout au début d'une insertion sociale, voire dans la survie. Que la mise au travail des bénéficiaires du RMI ne se faisait pas en le disant.

 De même je sais qu'il est ardu de faire comprendre à certains élus que toute une frange de la population a besoin des aides pour vivre.

A l'inverse j'ai eu à plusieurs reprises à bousculer des clients du service social pour qu'ils arrêtent d'être passifs et de geindre ou d'être racistes pour justifier qu'ils ne font rien pour eux.

Enfin, c'est aussi le rôle du cadre d'être entre l'expression du besoin des usagers et la stratégie que doit développer l'élus. C'est passionnant d'ailleurs.

J'ai quand même le sentiment qu'une partie des élus nationaux, et locaux, n'ont pas envie de réellement voir la fange. C'est vrai qu'il est difficile pour tout le monde de voir quelque chose et de faire ensuite semblant de n'avoir rien vu. c'est plus simple de ne pas voir, ou de se rallier à la tendance.

Mais notre époque n'est pas la première à cet égard. Regardons juste les réactions aux livres de Zola. Ca a été si dur car plus personne ne pouvais faire semblant de ne pas savoir. Il fallait donc se défendre et attaquer l'auteur de telles horreurs.

Peut-être est-ce pour ça qu'on n'ouvre pas la boîte de Pandorre de la fange.

Pierre
Par Pierre
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Vendredi 31 mars 2006
Tentons une réflexion de plus.

Cette réflexion part d'un énervement. C'est d'ailleurs délicieux de dire se qu'on pense en s'énervant un peu.

Imaginez, une grand messe réunissant tous les services de l'emploi : ANPE,  Etat, conseils généraux et régionaux etc. Une grand messe ça sert à expliquer, si possible avec pédagogie toutes les mesures à un public averti (normalement).

D'ailleurs tellement le nombre de mesures d'aide à la formation et au retour à l'emploi et autres emplois aidés est important, on a parfois l'impression que c'est infini.

 Grand messe donc. Lourde, très lourde. Où on est censé tout ingurgiter et surtout ne pas relevé les incohérences et les impossibilités à la mise en place. Et puis en cours de journée  des réflexions, soit disant concrètes, en groupe restreints. Vous avez les fameux ateliers dans les journées de formation ou les colloques... si, si vous connaissez.

Et là, patatras, voilà les services de l'Etat et les organismes de formations officiels qui sont en train de se torturer l'esprit pour adapter leurs grandes actions au public bénéficaire du RMI.
Voilà un fonctionnement symptomatique des services de l'Etat : élaboration d'actions basées sur de grands principes. Réflexion des organismes de formations : "nos formations visent à amener les bénéficiares du RMI vers l'emploi". Si, si on peut le faire. Et voilà que les actions, les arguments fusent. Tout ceci ressemble fort à de l'auto justification et auto sujestion.

Mais bon sang, un RMI'ste il veut d'abord manger. Le reclassement professionnel il s'en fout. Si déjà il touve un boulot de base il est ravi. En plus les dispositifs d'insertion il y pige rien. Les professionnels non plus d'ailleurs.

Quand est-ce qu'on cessera de faire semblant de croire que tout le monde peut-être inséré normalement, avec un travail, une formation professionnlelle adaptée l'amenant à une évolution de carrière.

Avec l'expérience je dirais que 50% des bénéficiares du RMI ne peuvent s'insérer professionnellement que dans le cadre d'emplois aidés. Des emplois d'exécution, où il suffit de répondre à une consigne simple. Des emplois d'ailleurs indispensables et pas assez valorisés. On n'imagine pas à quel point ses emplois permettent à la société de tourner. Il suffit juste de voir que les communes exploitent à fond le système pour l'entretien des espaces verts notamment, ou le nettoyage des trottoirs.

Comme depuis 20 ans ce type d'emploi n'existe plus que dans le cadre des emplois aidés, alors acceptons que les emplois aidés soient structurels. Intégrés aux politiques sociales et de l'emploi systématiquement. Ne faisons pas semblant de vouloir les supprimer pour les remettre 6 mois plus tard.
La preuve, le chômage ne baisse depuis 1 an que parce que les contrats aidés du plan Borlo ont été activés.Cessons également d'élaborer des dispositifs de formation qui pronent l'égalité des chances. Soyons concrets adaptons nous à la situation.

Oui, tout ça a un coût. Mais si tout pouvait se régler par l'entreprise, par l'emploi, l'embauche dans le privé, ça se saurait depuis longtemps. Et puis la société peut se permettre de payer un peu pour faire tourner ses services publics et avoir des trottoirs propres.
Par Pierre
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Mardi 4 avril 2006
Et si la raison était dans la rue

Je vais oser un parrallèle : aujourd'hui des manifestants vont défiler dans la rue. Il se battent pour une noble cause, l'avenir des jeunes. Il se battent aussi contre un carcan qu'on veut leur imoposer. Contre une absence d'avenir, contre l'oubli de la société pour ses jeunes. Même si le CPE est l'arbre qui cache la forêt, il est la partie visible de l'iceberg, il doit être combattu. Le symbole qu'il porte avec On pourrait dire que les jeunes se battent contre l'absence totale depuis plusieurs années d'éducation offerte par les politiques. Ceux là même qui devraient être nos pères normalement. Alors comme ils ne sont pa entendus, comme on ne leur tend pas la main, ils prennent la parole et leur liberté eux-même.

Et bien cette nuit, un jeune garçon de 13 ans, confié par le  juge des enfants au Conseil général a fugué de son établissemnet. Il avait préparé son coup, il a toujours été habitué à se débrouiller tout seul entre une absence de mère et une absence de père. Les forces de l'ordre ne l'ont pas retrouvé. Il est dans la rue. Libre, pense-t-il, à se battre contre la bétise de ses parents qui ne pensent qu'à eux. Mais est-ce de leur faute. Il fuit le carcan qui lui a été imposé malgré lui mais pour son bien. Il est oublié de ses parents, alors il est dans la rue : de toute manière il ne peut pas être plus seul que ce qu'il était déjà. Il est dans la rue comme ses ainés. Il n'est pas visible mais s'exprime.

Et si se jeune garçon rencontrait les manifestants dans la même rue, ils auraient sûrement des choses à se dire.
Par Pierre
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Mercredi 5 avril 2006
Suite de la fugue... et de la contestation.

Notre jeune fugueur n'a malheureusement pas rencontré les manifestants.
 Il a été une fois de plus manipulé par sa mère qui tire profit de la situation en lui montrant une fois de plus quelle puissance est a sur lui.

Oserais-je un autre parrallèle ? : les jeunes gens dans la rue n'attendent-ils pas une réponse des parents que sont les adultes en charge de l'organisation de la société ?. Donc en charge de la relation entre les composantes de la société et surtout responsables de l'application  de règles de vie et de projets.

Il est vrai que les jeunes eux-mêmes doivent se responsabiliser. Mais cette responsabilisation ne peut se construire qu'à partir de modèles. Un enfant, un jeune n'a pas la science infuse ni le sens inné du projet et de la responsabilité. Il est baigné dans la société qui lui donne à voir que ce qui l'arrange. Un jeune attend d'abord des adultes, et a fortiori de ses parents, une position claire sur les choses de la vie sur ce qu'on projette pour lui.  A partir de là il tente de se construire, de se forger une personnlaité et une ligen de conduite. Cette même personnalité se forge à partir des éléments positifs, de la protection que procurent les parents et la société. Mais aussi à partir des avatars, des ratés, des embuches et des efforts à fournir. Sauf que ses efforts ne doivent pas être vains et répétitivement vains. Ca c'est de la responsabilité totale des adultes et des organisatuers du lien social.

D'où le parrallèle entre une situation individuelle douloureuse et le mouvement collectif actuel. Un jeune garçon de 13 ans attend la même chose de ses parents que les jeunes collectivement de la société.

C'est de cette attente que née une dépendance. L'adulte, les parents, la société peut exercer son pouvoir. Faire croire aux jeunes qu'on les aime et qu'on s'en occupe en les manipulant, en leur faisant miroiter monts et merveilles, amours et projets de vie. En faisant semblant de répondre à leur demandes. A force de répéter des paroles en l'air de ne rien proposer on obtient  des jeunes déboussolés. Qu'ils soient des banlieues en novembre 2005 ou des classes moyennes  mars 2006. Déboussollés mais conscients, donc en demande. Exactement comme notre fugueur.

 En l'occurence dans le cadre du mouvement, ce sont les politiques, locaux et nationaux, qui ont une lourde responsabilité : pourvu qu'ils ne manipulent pas encore une fois de plus cette génération.

Et pour notre fugueur, pourvu que se mère enfin arrête de le manipuler en lui faisant miroiter qu'elle l'aime et qu'elle lui veut du bien.
Je regrette donc que cette mère, comme c'était convenu avec le procureur dans un premier temps, n'est pas été mise en garde à vue et mise face à ses responsabilités, via une sanction ou tout au moins un rappel à la loi. Elle est complice de la fugue et surtout responsable du trouble, encore accentué de son fils. Elle a d'ailleurs fait la même chose avec ses autres enfants placés également.

Le problème c'est qu'on en peut pas mettre tout le monde en garde à vue, les commissariats seraient  pleins de tous ceux qui sont censés proposer des projets et qui manipulent à souhait. Nous aurions alors du mal à administer les collectivités locales et l'Etat.

Concrètement des services, sociaux, éducatifs ou autres, proposent des solutions (adaptées ?) pour accompagner les parents dans leur responsabilité.

Je n'ai pas connaissance de services qui proposent la même chose aux politiques.
Par Pierre
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Vendredi 7 avril 2006
Je vais encore oser.

Quelle prétention, se référer à l'affaire Dreyfus.

Et bien, justement, il faut se servir de l'histoire.

Je pars de mon sentiment actuel que les propos racistes, sectaires, idenditaires se banalisent. J'étais jeune dans les années 80. Je n'ai pas le souvenir que les adultes, et les jeunes, avaient intégré aussi naturellement comme normal de dénoncer, accuser les personnes noires jaunes ou bleues.
Désormais on ne se cache plus, on est sectaire ouvertement, comme une voie naturelle. Je ne connais pas, j'ai peur, donc je rejette. Et ceci à la ville comme à la campagne.

Et bien, l'affaire Dreyfus est né du même phénomène. Dans les années 1880 (qui ressemblent étrangement à notre époque, nous en reparlerons) il était naturel et non répréhensible de considérer les juifs comme menteurs, voleurs. Nécessairement la traitrise viendrait d'eux.
Au final : tranquillement Alfred DREYFUS, Capitaine irréprochable, a été insulté, villipendé, condamné, désohonnoré, dans un premier temps dans l'indifférence générale.
Quelques personnalités, dont Emile ZOLA, au risque de leurs vies se sont élévées contre cette accusation. Il a fallut un combat de 10 ans pour qu'en 1906 (tiens, il y a 100 ans) il soit jugé...innocent.

Je suis donc inquiet. Faisons attention au glissement. Et en tout état de  cause soyons capable de réagir le moment venu.

Je vous engage à vous replonger dans cette histoire qui est une tâche de honte dans l'histoire de France.
Par Pierre
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Mardi 11 avril 2006
 Partons d'un exemple.
Telle petite fille placée par le Juge des enfants au Conseil Général est accueillie dans une famille d'accueil. Cette petite est rudoyée et insultée dans le village de sa famille d'accueil par 3 filles plus grandes qu'elles. Elle est leur bouc émissaire. L'occasion était trop belle pour ses 3 filles de trouver plus faibles qu'elles et plus en difficulté.
Ne dramatisons pas, cette histoire est classique.
On est tous les exclus de quelqu'un et nous trouverons toujours quelqu'un à exclure. Surtout quand on est exclus soit-même. On a tous des exemples en tête. On trouvera toujours plus pauvre que soit, plus bête que soit, plus sale que soit ou plus étranger que soit.
Ce réflexe crée de la peur.
Peur de l'autre.
Peur surtout que cet autre ne vienne troubler nos bons sentiments, notre tranquillité, et ne vienne nous mettre face à nos propres incompétences.

On ressent tous la même chose. Ca nous est tous arrivé. On a tous le réflexe, par exemple de juger l'éducation des enfants autres que les siens.

L'embêtant c'est, entre autre, quand un village de 150 habitants vote à 30% pour les droites extrêmes. Vote justifié par le réflexe collectif de dire : je n'ai pas de problème chez moi, les inconvénients de la vie sociale ne sont pas arrivés chez moi. Alors, je vote pour faire barrage à tout cela.

 Cette analyse, simpliste je l'avoue mais néanmoins réaliste, vaut pour les travailleurs sociaux et autres enseignants ou animateurs : il nous est très facile d'exclure par un mot, une attitude, une oreille inattentive, une éthique professionnelle mal placée ou en se renvoyant le client dans le style "non c'est pas moi c'est l'autre?.

Je dis juste qu'il est indispensable de s'arrêter pour réfléchir et voir, de connaître avant de juger.
Par Pierre
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Mercredi 12 avril 2006
Eloge de la faiblesse.

 “On ne peut désirer ce que l'on ignore. Quelqu'un qui n'a jamais connu l'ivresse de la boisson ne se sent pratiquement pas attiré par ce plaisir. Pour convoiter une chose, pour avoir l'idée et l'envie d'exercer une profession particulière, il faut en avoir une certaine connaissance” Alexandre JOLLIEN Eloge de la faiblesse ed. Cerf.

Citation tirée d'une lecture. Précisons que l'auteur sait de quoi il parle : handicapé physique il a ignoré bien des choses et n'a pas pu les désirer. Comme de faire des études. Dans les établissements pour hanicapés physiques, se projeter dans des études n'est pas de coutume. On trouvera tous des exemples nous concernant ou des situations que l'on a croisées dans notre vie, professionnelle notamment.

D'où l'importance de permettre aux enfants de toutes les conditions de découvrir des choses nouvelles qu'ils n'ont pas l'occasion ou les moyens de connaitre. Quel rôle magistral de l'école, non?
Comment alors accepter qu'un Conseil Général ne subventionne que les voyages scolaires se passant dans le département. Sous-entendu, si les écoles n'ont pas les moyens de quitter le département les enfants ne découvrent que ce qui leur est proche. Quand une commune a les moyens, ou se les donne, elle peut se passer des fonds du Conseil Général pour envoyer des enfants vers la découverte. Sinon les enfants restent dans l'ignorance;

Comment alors susciter le désir de connaître, de voir, de rencontrer si on ne sait pas que ça existe.

Ce problème est le même de manière générale entre les enfants vivant dans des villages reculés et ceux de la ville. Mais attention pas n'importe qu'elle ville. En banlieue, l'ignorance est chronique.

J'entends beaucoup de critique sur les enfants qui ont fait des bêtises et, qui, comme punition font des voyages : "c'est donner de la confiture aux cochons". Oui mais au moins ils seront moins ignorants et dans le cadre d'un travail éducatif ils auront l'esprit plus ouvert et désireront peut-être quelque-chose. 

Une bonne part des actes d'exclusions, de racisme, d'agressions naissent de l'ignorance, de la méconnaissance.

Nous avons cette responsabiliét d'ouvrir l'esprit des nos enfants : riches ou pauvres.

Le débat pourrait être très long. Mais voilà également une inégalité entre ceux qui ont les moyens d'ouvrir l'esprit de leurs enfants et ceux qui cherchent d'abord à leur donner à manger. Des actions existent, notamment les centres sociaux, mais elles dépendent des financements publics. A noter que ce n'est pas parce que des parents ont les moyens financiers que leurs enfants seront ouverts vers l'extérieur. L'igorance est dans tous les milieux.

A l'inverse, les publicitaires savent exploiter cette ignorance.
Ils créent sans cesse du désir en vantant la nouveauté. Un enfant se laisse naturellement prendre au piège.
 Il voit un nouveau produit, il ne l'ignore donc plus alors il le désire.

C'est simpliste mais tellement logique et vérifié tous les jours. Aussi des enfants dont le sens critique n'a pas pu être développé, s'élève au travers des messages télévisuels qui abusent de leur pouvoir de persuasion.

Bonnes lectures à tous, soyons éclectiques.
Par Pierre
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Mardi 18 avril 2006
Après 3 jours de torpeur pascale, les affaires reprennent.

Première remarque. J'ai le priviliège de pouvoir pendant des périodes de fêtes en profiter comme bon me semble. j'ai du dépenser un demi RMi sur le Week-End, comme bon nombre d'entre nous.
En comparant les conditions on relatiivise. Ne nous trompons pas, je ne culpabilise pas. Je constate. Ce qui me permets d'essayer de ne pas oublier que je ne suis pas tout seul.

Deuxième privilège : je suis fonctionnaire. j'ai donc retrouvé mon emploi ce matin. Il était là où je l'avais laissé.

Troisième remarque : j'ai la chance d'avoir l'ordinateur qui me permet d'écrire ces quelques lignes.

Et donc, j'entends ce matin que les saisines des prud'hommes augmentent sans cesse pour dénoncer des ruptures abusives de CNE .  Se rajoute la honte de dire qu'on a un CNE et les consignes des employeurs de ne pas dire que son contrat est précaire. Pour le client c'est un problème de savoir que l'interlocuteur peut disparaître le lendemain.
Et à côté de ça, Monsieur Thierry BRETON, repart sur son leitmotiv: "je fais de la pédagogie". Sauf que ce qu'il oublie c'est qu'il n'y a rien à expliquer. Tout le monde a compris que CPE et CNE son du même tonneau : ils intègrent à l'économie française la précarité, le tout sans créer un seul emploi.

Ce que devrait expliquer BRETON c'est que l'objectif des entreprises n'est pas de résorber le chômage. Ca, c'est le rôle des politiques et de la société toute entière.
Ce qui est agaçant par les temps qui courent c'est cette tendance à donner les clefs de la maison aux entreprises.

Oui, ce sont les entreprises qui font la richesse, oui ce sont elles qui embauchent en fonction de leurs besoins. Et c'est là que le bas blesse. Elles n'embauchent pas pour faire baisser le chômage en France. Elles le font pour elles, au bénéfice de l'économie. La baisse du chômage est une conséquence favorable mais pas un objectif.

Or toutes les mesures visent à laisser aux entreprises seules le soin de faire baisser le chômage. Si elles embauchent en CNE ce n'est pas pour la courbe des demandeurs d'emploi c'est pour leurs intérêts. Ce qui n'est pas en soit un problème puisque c'est naturel.

En revanche ce qui est moins naturel c'est que les avantages soient à sens unique et que les choix ne soient possibles que pour les employeurs.

Le système marche sur la tête. Et pas besoin d'être Keynes pour dire que chacun doit rester à sa place.
1- La richesse est produite et doit l'être par les entreprises ET les salariés. Et non les entreprises seules, qui sans les salariés ne sont rien. Comme les travailleurs sociaux sans les pauvres ou les élus sans les électeurs.
2- L'argent est un support au fonctionnement des entreprises et non un objectif en soit.
3- Les politiques, et donc les électeurs, régulent et fixent les règles du jeu.

En ce moment la hiérarchie est inversée :

1- la richesse est produite par et pour la richesse puisque les entreprises cherchent le bénéfice pour rétribuer l'argent qui lui sert à fonctionner. Joli cercle vicieux
2 -Les politiques pataugent et ne régulent rien
3- Les salariés font la queue et sont priés de se taire et d'être contents si on leur propose un contrat précaire. Ils ne bénéficient plus des richesses produites : cf point 1

Le seul côté positif de cet état de fait est que tout système qui fonctionne en vase clos est amené forcément à s'effrondrer sur lui-même. Voir par exemple le communisme de l'union soviétique. Le mouvement perpétuel n'existe pas. L'argent s'alimentant de l'argent qui ensuite sert à alimenter l'argent etc etc, le système n'est alimenté par rien d'autre. Forcément il va y avoir un problème.
C'est comme une fontaine qui fonctionne en circuit fermé : l'eau qui coule est récupérée pour qu'elle coule à nouveau. Si on ne remet pas régulièrement de l'eau fraiche le système s'arrête. L'eau fraiche est rajoutée par une main extérieure au circuit qui maîtrise l'action, le moemnt et la quantité. Il n'ya donc pas que de l'eau en jeu mais une action humaine et réfléchie. Et au final il n'y a pas que l'eau qui profite de l'eau mais ceux qui vont boire.

Une génération va être sacrifiée et on devrait revenir à plus de raison.

Il parait que l'être humain sait toujours se réadapter.

En attendant il faut faire vite : ça urge !!!.

Par Pierre
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