Voilà,
Je vous propose de bien écouter les conversations et autres interviews. Et puis de compter le nombre de "voilà" prononcés. Même les journalistes sont contaminés.
Certaines fois, c'est impressionnant : plusieurs dizaines de fois par idée développée. Ou disons plutôt par tentative de développement d'idée.
Car en fait, cette nouvelle ponctuation orale ressemble à un cache misère. On ne sait plus comment dire, ou plus grave on ne sait plus si on peut parler librement. Alors on ne termine pas ses phrases et on conclue par un voilà magnifique.
Avec le voilà, tout est dit, plus de questions possibles. En gros, fichez moi la paix, je n'en dirais pas plus.
En dehors du fait que c'est très énervant et parfois inaudible, je m'inquiète de voir que ça se développe. Moins on a de courage de dire ce qu'on pense, ou que tout simplement on a rien à dire plus il y a de voilà.
Il est vrai dans les médias il y de plus en plus d'invités (ce n'est pas nouveau) qu'on fait parler sur des choses pour lesquelles ils n'ont pas d'idées ni d'avis : l'échapatoire du voilà est alors parfait.
En revanche quand le voilà est utilisé dans des conversations censées avoir du fond, c'est encore plus énervant, voire inquiétant. Et je relie ça avec la difficulté actuelle de parler des sujets importants. De donner son avis, d'être pour, d'être contre.... Avez-vous remarqué en écoutant radios et télévisions que les débats de fond se font rares. Et si on prend la presse, à qui appartient-elle ? Dans les partis politiques c'est la même chose. On ne peut pas parler de juif sans être taxés d'antisémites, on ne peut plus dire qu'on est contre le libéralisme sans être taxés de rétrograde, de dire qu'on est pour ce même libéralisme sans être ciblé comme un salop voulant la mort du peuple.
Seuls les extrèmes ne prononcent aucun voilà, et ils ont un échos de plus en plus grand. Ils sont audibles et claires, engagés et donc facile à suivre.
CQFD ?
Bon, voilà !!!
ALORS A VOS COMPTEURS.?. Et si on faisait un concours ?
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