Débats

Samedi 6 mai 2006

Voilà,

Je vous propose de bien écouter les conversations et autres interviews. Et puis de compter le nombre de "voilà" prononcés. Même les journalistes sont contaminés.

Certaines fois, c'est impressionnant : plusieurs dizaines de fois par idée développée. Ou disons plutôt par tentative de développement d'idée.

 Car en fait, cette nouvelle ponctuation orale ressemble à un cache misère. On ne sait plus comment dire, ou plus grave on ne sait plus si on peut parler librement. Alors on ne termine pas ses phrases et on conclue par un voilà magnifique.

 Avec le voilà, tout est dit, plus de questions possibles. En gros, fichez moi la paix, je n'en dirais pas plus.

 En dehors du fait que c'est très énervant et parfois inaudible, je m'inquiète de voir que ça se développe. Moins on a de courage de dire ce qu'on pense, ou que tout simplement on a rien à dire plus il y a de voilà.

Il est vrai dans les médias il y de plus en plus d'invités (ce n'est pas nouveau) qu'on fait parler sur des choses pour lesquelles ils n'ont pas d'idées ni d'avis : l'échapatoire du voilà est alors parfait.

En revanche quand le voilà est utilisé dans des conversations censées avoir du fond, c'est encore plus énervant, voire inquiétant. Et je relie ça avec la difficulté actuelle de parler des sujets importants. De donner son avis, d'être pour, d'être contre.... Avez-vous remarqué en écoutant radios et télévisions que les débats de fond se font rares. Et si on prend la presse, à qui appartient-elle ? Dans les partis politiques c'est la même chose. On ne peut pas parler de juif sans être taxés d'antisémites, on ne peut plus dire qu'on est contre le libéralisme sans être taxés de rétrograde, de dire qu'on est pour ce même libéralisme sans être ciblé comme un salop voulant la mort du peuple.

Seuls les extrèmes ne prononcent aucun voilà, et ils ont un échos de plus en plus grand. Ils sont audibles et claires, engagés et donc facile à suivre.

CQFD ?

Bon, voilà !!!

ALORS A VOS COMPTEURS.?. Et si on faisait un concours ?

Par Pierre
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Lundi 19 juin 2006
Le 12 juillet prochain : 100ème anniversaire de l'arrêt de la cour de cassation réhabilitant Alfred DREYFUS.

Evènement lointain, certes, mais, à y voir de plus près, qui pourrait servir de référence dans la situation actuelle.

On peut trouver des similitudes et parallèles avec notre bonne société actuelle.

Avant tout, je rappelle que le Capitaine DREYFUS, juif, jeune, brillant, moderniste a été victime d'une machination orchestrée au plus haut sommet de l'Etat. Il a été accusé puis condamné pour haute trahison à partir de mensonges et fabrication de faux. Il a fallu plus de 10 ans, plusieurs procès directs et indirects, des joutes verbales des attentats, des lâchetés politiques, des hommes politiques courageux, plusieurs années de bagne et une immense persévérance pour qu'il soit reconnu innocent et réhabilité.

Il s'agit d'une affaire judiciaire. Plus qu'une erreur c'est une conspiration de l' appareil judiciaire et politique tout entier.

Il s'agit également de l'illustration de la dérive antisémite de la France à l'époque. Le tout dans un contexte social, sociologique et poltique particulier. Nous pouvons essayer d'y piocher des éléments qui nous ramènent à aujourd'hui.

1- Une crise de régime accentuée, après la chute du second empire. Une instabilité politique avec une attirance encore vers le royalisme, des institutions vacillantes : tendance de la 5ème république non ?.

2- Une société ou les pauvres sont très pauvres et les riches très riches, où l'argent semble représenter la référence : ne serions nous pas dans le même cas ?

3- Le pouvoir détenu par les notables et leurs réseaux, les histoires de pouvoirs sont permanentes et les décisons pas justifiées par l'intérêt du pays mais par celui des notables : en 2006 où en est-on ?

4- Une censure des organes de presse systématique, qui se déserre, certes, mais existante. Cette censure n'a d'ailleurs pas résistée à l'affaire. En 2006, la censure d'Etat n'existe plus officiellement mais les groupes de presse sont concentrés entre les mêmes mains : les grands groupes (dont les marchands d'arme) et les notables. La censure est de fait et se sent de plus en plus.

5- Un contexte de haine de l'étranger, peur de la modernité. Surtout ne pas perdre ce qu'on a. La victime toute désignée est le juif qui plus est intelligent qui risque de bouleversée l'ordre établi : c'ets écoeurant mais encore d'actualité. L'étranger, le différent, l'autre est la raison de tous les maux : la tendance est lourde aujourd'hui.

6- Une banalisation des propos racistes qui n'en ont pas l'air, des justifications de l'antisémitisme par de (soit-disant) grands intellectuels

Cette affaire a été la quintescence de l'abrutissement de la moitié d'un peuple, de sa manipulation, par des groupuscules et tribuns d'extrème droite : tient, n'en prend-on pas le chemin.?

Elle a étél'occasion de ne pas parler d'autre chose, comme les droits sociaux par exemple.

La violence entre les pro et les anti a été inouïe. C'est cet antisémitisme et ce racisme ambiant qui a amené à ce déchaînement contre Deyfus. Tout naturellement, en pente douce, sans contrôle. Et je crains que le contexte actuel ne soit similaire.

Un seul exemple. Avant le match France Corée du Sud du 18/06/06 : "péril jaune pour les bleus". Titre inacceptable de l'Est Républicain. Anodin en apparence mais banalement raciste dans les faits. des propos déplacés, discriminatoires car faisant références à la couleur de peau et qui ne choquent plus grand monde.

D'aucun réclame le transfert de Dreyfus au Panthéon, J'en suis.

Voilà une très bonne manière de faire une piqure de rappel à notre bonne vieille France afin qu'elle se rappelle des ignominies dont elle est capable.

Nous sommes tous concernés. Petits et grands,. Riches et pauvres. Soyons attentifs. Outreau, par exemple, se situe sur l'erreur pas sur un complot. Premier parallèle partiel.
Par Pierre
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Jeudi 22 juin 2006
Histoire courte de la vie quotidienne :

Daniel, 40 ans, habite au RDC de son petit HLM de 4 étages dans un quartier plutôt tranquille d'une peite ville de province, tranquille également. Il est là depuis 20 ans, seul.

Il a un caracrtère plutôt dépressif, fragile et sensible et la solitude lui pèse.

Il travaille pour 1200 € par mois comme vendeur dans une grande enseigne de parquets, portes, cuisines et salle des bains. Il est loyal, bosseur. Son travail c'est tout dans sa vie. Il a connu des périodes de chômage qui lui ont été pénibles, fait des CES, des CEC et a frisé le RMI. A 30 ans ce sont ses parents qui lui achetaient de temps en temps de quoi manger.

1200 € par mois c'est peu et pourtant plus que le SMIC. C'est peu pour des à-côté pour avoir un réseau, des loisirs. Il faut tout compter.

En même temps, il est vrai que Daniel a du mal à gérer, il est influencé par la publicité, va au plus simple dans ses raisonnements. Il lit essentiellement Télé Star qui lui sert de référence scientifique, nutritionnelle et culturelle.

Il est sympathique, plutôt plein d'entrain, bien que dépressif, il aime rire, recevoir des amis, connait du monde.

En somme une vie très banale comme il y en a beaucoup : un faible niveau culturel, peu d'esprit critique, pas l'éducation pour analyser ce qui l'entoure, bosseur qui fait la richesse du pays sans rien demander, sociable et social qui ne demande qu'à être tranquille et qui ne fait de mal à personne, pas raciste. Très attachant et qu'on a envie, très prétentieusement,  de sortir de sa condition.

Et pourtant Daniel cette nuit n'a pas dormi car dans son immeuble une locataire a reçu, comme souvent la nuit. Il y a eu du bruit, des cris, de la casse. Les locataires n'ont pas dormi.

Et Daniel de dire que les cas sociaux ils auraient bien besoin d'un coup de pied au cul. Et de rajouter encore ensommeillé dans la voiture : elle, elle dort encore, là ce matin.
Le tout sans aucune méchanceté mais réalisme.

Peut-on le blamer ?

 Peut-on lui en vouloir de voter un jour  au plus facile. Attend-il des discours élaborés ou des propos simples.

N'oublions pas tous ces gens qui font la France, ce sont eux qui créent la richesse et qui produisent, ne les méprisont pas. Admettons également qu'il a le droit de dormir la nuit.

C'est là que commence les discours politiques et les solutions proposées de part et d'autre :

repression, prévention, sanction, social, Police, éducation, laxisme ..Le tout dans le désordre.

Dans quel ordre mettre tout ça ?


Par Pierre
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Lundi 10 juillet 2006
Dialogue entre Dominique, Nicolas et François à propos de la France en coupe du monde :

Dominique : quelle belle compétition de l'équipe de France.

Nicolas : le dispositif de sécurité dans les rues était fort et affirmé

François : j'ai vu là toute la qualité de la France à se rassembler autour d'un projet.

Dominique : Ah, qu'elle est belle cette France qui gagne. Je vous l'avais dit, il ne faut pas s'arrêter à ses premières impressions. Nous avons les ressources.

François : oui, mais seul le projet compte, les individualités sont au service de l'équipe.

Nicolas : MOI, je dis que sans l'intervention rapide des forces de l'ordre nous n'en serions jamais là. D'ailleurs j'ai décidé, en accord avec moi même, qu'a partir de maintenant, rien ne se fera sans MOI, sans mon avis.

Dominique : je le répète, nous sommes une équipe, de sa cohérence dépend la réussite de la France. Cette France forte, entreprenante !

François : oui, mais avez-vous pensé à ouvrir le dialogue, à vous interroger sur la condition de ses pauvres ....

Nicolas : Ah, ça suffit toutes ses paroles stériles. L'équipe, l'équipe !! Sans un chef, un vrai, un qui en a, il n'y aurait pas d'équipe. La France ne peut pas gagner sans un chef qui ose dire les choses, qui donne sa place à la Police, nécessaire instrument d'une vraie politique qui rassure les gens.

François : ... de ses pauvres ouvirers, qui à cause de vous, Nicolas et Dominique, votent extrème droite. Nous, nous croyons en cette équipe multicolor qui est une synthèse de cette France qui ne demande qu'une chose : la justice. D'ailleurs, Jaures disait...

Jacques : il suffit !!! Non mais alors, n'oubliez pas que c'est moi le patron, vous pouvez d'ailluers compter sur moi en 2007.  (A voix basse) Ah, au fait Bernadette, avez-vous pensé à envoyer la note à l'administration pour le repas d'hier soir avec Jean-Louis et Alain.

Dominique, François et Nicolas : qui a parlé ? Hein Jacques ? Qui est-ce ?

Nicolas : allez !! au travail bande de racaille.
(Vous avez remarqué, il a toujours le dernier mot)
Par Pierre
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Jeudi 17 août 2006
Pour cette fin de semaine se prépare un grand regroupement de gens du voyage sur une ancienne base de loisirs de l'OTAN en Moselle.


 2 exemples de traitement de l'information :

1- TF1 journal de 20h mercredi 16 août : " un rassemblement de gens du voyage aura lieu ...." description très brève de l'évènement. en guise de concluioon : " les mesures de sécurité sont importantes, 200 gendarmes sont mobilisés". Pas plus d'explications, de détails . En résumé : 30000 gens du voyage rassemblés, soit, mais ne vous inquiétez pas braves gens il y a 200 gendarmes. Où comment surfer sur l'inquiétude naturelle des gens et l'entretenir savamment.

2- France inter journal de 7h30 le 17 août 2006 : " un rassemblement de gens du voyage aura lieu ...."  Et le reportage qui suit est axé sur l'organisation : secours, accès, chapiteau pour les cérémonies, supermarchés qui s'approvisionnent etc. En somme cette fois on décrit un rassemblement classique de 30 000 personnes et l'organisation que cela nécessite. On ne joue pas sur la peur et on ne résume pas ces festivités, car il s'agit de cela, à un déploiement de force.

En fait, je ne suis pas surpris de la réaction de TF1 qui fait de cette peur son fond de commerce. Ce traitement de l'information m'écoeur simplement. Je suis un peu déçu par Harry ROSELMAK, que j'avais écouté avant son apparition sur TF1. Je suivais son journal avec attention pour déceler un changement aux infos de la une. Et bien non, Harry le beau est désormais dans le moule.

Quant à France inter, seule radio qui n'est pas encore inondée de pub, d'horoscope et jeux débiles en tout genre, en écoutant ce matin j'ai eu peur qu'elle traite l'information de la même manière. J'ai été rassuré. Elle n'est sûrement pas la seule à le faire, mais je ne peux pas écouter les autres radio (en dehors du groupe radiofrance) à cause de l'envahissement de la pub.


Juste un mot sur le fond, ce type de regroupement est désormais connu et à peu près codifié autant pour les populations qui s'y déplacent que pour les services de l'Etat et les collectivités locales.
On connait le fonctionnement. Les organisateurs, leaders, chefs de clans et autres pasteurs sont connus et reconnus.
On sait aussi que tout regroupement, quelqu'il soit, entraîne des débordements et qu'en effet il peut y avoir vols et autres destructions.

Ceci dit il ya sur ces mêmes bases de l'OTAN des regroupements de milliers de motards, des rassemblements de milliers de voitures tuning, des manifestations de dragsters etc. A chaque fois des milliers de personnes et les désagréments qui vont avec. Si on traitait l'information de ces regroupements uniquement sous l'angle du déploiement de la maréchaussée on ne parlerait que de la Police à longueur de journée. Il est vrai que nous n'en sommes pas loin et que cela va s'accélérer en ces temps pré-électoraux.

Seulement voilà là on parle des manouches.
Par Pierre
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Mercredi 20 décembre 2006
Le dilemme éludé


Cela n'aura échappé à personne : les élections présidentielles approchent.

La tension monte chez les candidats .

Je ne vais pas me lancer dans des lieux communs du style : les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

En revanche il me semble que nous sommes devant 1 dilemme d'importance, qui, chez moi, provoque troubles et inquiétudes. Je suppose donc, quitte à être imodeste que je ne suis pas le seul dans ce cas.

Je m'explique.

Le dilemme qui me trouble touche aux choix économiques à faire.

L'économie. En, théorie je n'y connais rien.
 En revanche je sais observer, me semble-t-il.

 Ce qui est troublant c'est que le constat est partagé par tous. Que ce soit les tenants du libéralisme débridé ou ceux d'une économie au minimum régulée, sans parler des partisans de l'économie collectiviste. Eliminons d'emblée la dernière. Pour les 2 autres, les constats sont simples :

- Le nombre de bénéficiaires du RMI a augmenté ces dernières années.
Ce qui est le résultat, entre autre, d'un manque d'emploi non qualifiés de basses oeuvres. Ce n'est pas l'augmentation du nombre de contrats aidés par l'Etat (contrat d'avenir et d'accompagnement vers l'emploi) qui pallie à ce problème. Il ne fait que confirmer qu'une tranche de la population est dépendante de ce type de contrats. En effet, très concrètement quand le nombre de contrat augmente, le nombre de bénéficaires du RM diminue et inversement. Actuellement, en pré campgane électorale, l'Etat augmente les quotas de contrats. Résultats le nombre de bénéficiaires du RMI cesse provisoirement d'augmenter. Cette précarité là est juste masquée. Elle s'enkyste.

- Les personnes dépendantes des aides sociales et prestations familiales est en augmentation.
Et même s'il est difficile de les quantifier, cette frange de la population ne sort plus de cette dépendance. A ce propos, il est à noter que nous voyons une recrudescence dans les centres médico socio de toutes jeunes mamans de moins de 20 ans, seules, en rupture parentales. Une sorte de retour en arrière.

- Contrairement aux annonces, je reste persuadé que le chômage ne diminue pas.
En ce moment, dans les Ardennes, les chiffres des suppressions d'emploi font tourner la tête. Les chances de reclassement dans le département sont nulles. Les constructeurs automobiles licencient, etc.

- L'INSEE confirme la précarisation des salariés et notamment des employés. Avec comme résultat une perte de pouvoir d'adhat nette. Ceci est du, en partie au développement des temps partiels et des services à domicile qui engendre des contrats avec peu d'heures et très découpés.

- Des politiques de baisse de charges sur le bas salaires et les temps partiels. Résultats les supermarchés n'embauchent plus à temps plein et les entreprises laissent les salariés au SMIC, qui, lui augmente très peu. L'intérêt est évident, puisque les charges sont plus basses l'augmentation des salaires n'est pas opportune.

- Les Classes moyennes s'appauvrissent notamment en raison de la stagnation des salaires.

- L'argent va à l'argent.
Il ne s'agit pas d'un discours révolutionnaire mais d'un constat. Des sociétés, très opaques, dont le seul objectif est l'investissement financier dans les entreprises se développent. Résultat, une vue uniquement fiancière sans stratégie industrielle avec comme seule motivation : que l'investissement rapporte au détriment notamment des salariés. Sans parler des fonds de pension. D'une manière générale la part donnée aux actionnanires est en constante augmentation. Le revenu due au travail est proportionnellement de plus en plus faible en rapport à celui de l'argent investit dans les sociétés. Les salariés travaillent moins pour eux que pour les actionnaires dont les dividendes doivent augmenter.

- A côté de ces constats de nombreux chefs d'entreprise travaillent énormémement pour maintenir leur entrepirse.
Disent être submergés par les charges. Ainsi, tel coiffeur qui me disait, après 25 ans de carrière, qu'il gagnait maintenant autant en tarvaillant plus en raison des charges.

- De manière flagrante le fossé se creuse entre pauvres et riches. Les écarts n'ont jamais été aussi importants entre bas et hauts revenus.

- La France a des poblèmes d'argent.
Les caisses seraient vides. J'utilise le conditionnel à dessein. Mais tel Conseil Général qui veut limiter l'augmentation de budget à 2% pour 2007 se fixe un objectif irréaliste. Le transfert des compétences est tel qu'en dessous de 10 % c'est une gageure. En revanche il ne s'interroge pas sur sa politique d'investissement qui sert à l'affichage politique mais qui ampute très sérieusement le budget de fonctionnement. L'excuse est que le département est pauvre.


Aussi on ne sent pas de frein à cette machine à exclure. On ne peut que constater que tous ces faits s'enracinent. Tout le monde s'en plaint :
- les pauvres, on comprend pourquoi
- les riches car ils ont peur de perdre et se trouvent entourés de fénéants et car ils payent tout le temps
- Les politiques car la consommation  n'est pas suffisante pour alimenter l'économie
- les chefs d'entreprise car ils payent trop de charges, peut-être même à juste titre.


Nous voici donc devant un dilemme : tous les pauvres ne sont pas des fénéants et tous les patrons ne sont pas des tueurs. Tout le monde veut consommer mais tous ne le peuvent pas. Tous les patrons veulent développer leur affaire mais ne le peuvent pas. Et puis on délocalise. Et on nous met la pression sur la faillite de la France.

Tout le monde est d'accord, de droite comme de gauche. Les éléments ne sont pas contestés et pourtant rien. Pas de propositions, pas de courage pas d'engagement.


Face à un dilemme il faut faire un choix : je n'en vois aucun qui se profile. Personne ne tranche, ne construit. Tout le monde constate, c'est le plus simple.

Moi, quand je suis face à un dilemme persistant, basé sur des constats récurents objectifs, j'angoisse de ne pouvoir décider ni avancer. Je me donne les moyens de faire un choix.

Avis aux amateurs


Par Pierre
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Dimanche 21 janvier 2007
L'argent roi ?

Là tout le monde s'attend à un discours révolutionnaire, à un appel au vote à l'extrème gauche.

Et bien non.

Tout commence à la lecture de "l'argent" de Emile ZOLA.

Certains le savent, je suis passionné par l'homme
Emile ZOLA et son oeuvre. Il se trouve qu'à la lecture récente de "l'argent" j'en ai tiré la citation qui suit. Oeuvre écrite à la fin du 19ème siècle qui propose une analyse basique et facile à comprendre de la bourse et des ressorts l'appat du gain.

"...L'argent, empoisonneur et destructeur, devenait le ferment de toute végétation sociale, servait de terreau nécessaire aux grands travaux dont l'exécution rapprocherait les peuples et pacifierait la terre. Elle avait maudit l'argent, elle tombait maintenant devant lui dans une admiration effrayée : lui seul n'avait-il pas la force qui peut raser une montagne, combler un bras de mer, rendre la terre enfin habitable aux hommes, soulagés du travail, désormais simples conducteurs de machines ? Tout le bien naissait de lui, qui faisait tout le mal...".

Comment mieux résumer  l'argent ?

C'est ce paradoxe , quasi originel, qui m'a intéressé. Et comme il est vieux comme le monde je ne suis pas le premier à m'y arrêter.

Nul besoin en l'espèce de décrire le contexte d'où est extrait ce texte dans l'hiostoire. Simplement "elle" est une des personnages principaux du roman. Elle est rongée par le doute et troublée par le choix qui s'offre à elle : résister à l'apât du gain et se laisser séduire par l'argent facile et l'homme qui le lui promet. A la base elle est plutôt dans le besoin. Son frère est un ingénieur ignoré mais tellement compétent qui n'a besoin que d'un soutien financier. Des petits rien qui font tout.

Comme le plus grand nombre d'entre nous je ne cesse de m'interroger sur la place donnée à l'argent dans l'organisation de la société. Non pas l'argent comme attribut essentiel de l'échange, ni comme référence nécessaire pour déterminer la valeur d'une chose ou du travail.

Mais l'argent érigé comme système d'organisation sociale. Ce pouvoir représenté par les investissements purement ficanciers dans les entreprises au détriment de la valeur de la production induite par le travail. Le pouvoir également des grands groupes dont l'objectif numéro 1 est le profit. Non pas que le profit soit un gros mot, il est essentiel à la vie d'une entreprise et par conséquent de la société. Mais ce profit érigé en politique et qui entraine des prises de position contre le développement durable ou l'emploi.

Je pense également à la bourse. Elle aussi semble être utile dans les rouages économiques. Mais je vous engage à aller sur les forums des sites de boursicoteurs tels que "boursorama". Les discours qu'on retrouve sont édifiants. Il s'agit de la réaction des particuliers, petits ou moyens porteurs. Le premier réflexe est de gagner le plus possible. Quoi de plus naturel, si on investit à la bourse c'est bien pour que ça rapporte le plus possible.

Jusque là rien de trop choquant. Toutefois, les raisons du bénéfice importent peu. Il n'y a ni bonnes ni mauvaises raisons. On peut lire souvent : "je garde les actions car le groupe prévoit une vague de licenciement, le cours va monter" ou tel autre qui se félicite du regroupement d'agences bancaires qui vont permettre des économie et donc un attrait pour les actions donc une montée etc. C'est la banalisation de ce discours qui symptomatique.


La fin justifie donc les moyens.

Ce discours n'est pas nouveau, il est ancré dans une grande part de la population. Il n'est maintenant plus exceptionnel de souhaiter des liencenciements massifs pour que le cours de la bourse monte. Non pas des liencenciements pour sauver une entreprise mais juste pour augmenter le rendement des actions et de faire monter les cours.

Serait-ce révélateur d'une société coupée avec d'un côté les conscients et de l'autre les insensibles qui ne pensent qu'à leur profit personnel ?
D'autant que l'organisation sociale le permet.

Je n'invente rien. Mais cet état de fait m'ennui. L'attitude de la course au profit est stérile pour l'évoluton sociale, elle n'apporte rien, elle ne consiste en aucun partage.

Certain en lisant mon texte vont me plaindre pour ma naïveté ou vont sourire que j'aime me battre contre des moulins à vent, ou que j'enfonce des portes ouvertes. L'homme est ce qu'il est depuis que le monde est monde.

C'est vrai, je donne l'impression de découvrir la poudre mais c'est en se frottant aux gens qu'on ne connait pas qu'on passe de la théorie à la pratique.
Je considère qu'au contraire c'est en analysant ce qui nous entoure que d'une part on peut soi même choisir la place qu'on souhaite tenir et d'autre part on s'intéresse aux autres et on ne fait pas n'importe quoi les yeux fermés.


Pour l'argent comme pour le reste restons les yeux ouverts. Faisons en sorte qu'il ne soit pas le mobile du Crime.


Par Pierre
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Mardi 27 mars 2007

J'ai reçu le commentaire suivant d'Estelle : "Il est simple de tirer sur une categorie professionnelle pour se decharger de la passivité des mouvements de regroupements de revendications des travails sociaux 

a t on deja vu une assistante sociale aller en prison pour faute professionelle non couverte et ni assumée par son superieur au vue de la charge de travail ? les dorsolombalgies sont elles une maladies professionnelle courante chez les travailleurs sociaux? les conditions et contraintes professionnelle sont elles même comparables ?

il me semble que vos revendications seraient suivies si elles etaient vraiment appuyées d exemples et cadrées et pas basées sur le "il a une plus grosse part du biscuit sec "quand le patronnat et nos elus s empiffrent de caviar et de champagne "


Merci pour le commentaire. Ce Blog est fait pour ça. Plus il y a de débats mieux c'est.

Le débat est intéressant.

Toutefois, loin de moi l'idée de cibler les infirmières. Leurs revendications me semblent légitimes. Je n'ai pas compétence pour les juger. Il me paraissait intéressant de mettre les difficultés des assistantes sociales en perspective. Et j'ai choisi le métier d'infirmière comme point d'appui.

De même, le métier et les fonctions des assistantes sociales sont mal connus. Pour une raison simple, entre autre, c'est qu'on n'a pas vraiment envie de savoir, leurs fonctions est trop dur à accepter. Votre remarque en est la preuve.

Grâce à la médiatisation et au travail reconnu tous les jours des infirmières, tout le monde les connait et connait leur métier. On aura forcément un jour ou l'autre et d'une mannière ou d'une autre à faire à une infirmière.

Par contre on espère tous ne pas avoir à croiser une assistante sociale. Sinon ce sera soit parce q'uon est pauvre soit parcequ'on est en difficulté dans l'éducation des ses enfants. Avouons que ce n'est pas très réopuissant.

Les images des métiers différent. Voilà tout.

Il me parait important par contre de rappeler qu'une partie des fonctions des assistantes sociales est très pénible et pas reconnue. Ne serait- ce que par des salaires très bas.

A ce stade, je voulais citer un exemple, je l'avais rédigé. Finalement je ne le publie pas. Il s'agissait d'un placement d'enfants (4). Cela fut dur, avec notamment intervention de la police. Je me suis ravisé car quand c'est trop dur on garde pour soi. Tout ne se raconte pas.

Mais en même temps n'est -ce pas un tord de ne rien dire ?. Cela participe à l'opacité du métier et à sa méconnaissance.

Mais de raconter servira à quoi : effrayer, plaindre, rendre les gens mal à l'aise ?
Je prends donc le partie de ne pas raconter.

Mais sachons quand même que la fonction d'assistante sociale ne s'arrête pas le soir en quittant le travail. Combien de fois ai-je repris des situations avec des assistantes sociales le lundi matin après qu'elles ai passées le week-end à y repenser et à s'assurer qu'elles avaient fait le nécessaire. "L'enfant que j'ai laissé dans cette famille va-t-il bien, vais-je le retrouver lundi etc ?". Combien dee fois ai-je attendu des assistantes sociales jusqu'à 22h qu'elles reviennent d'un placement d'un enfant en danger. Combien de fois a-t-on soutenu une assistante sociale qui doit rédiger un signalement d'enfant maltraité avec moulte détails de violences. Etc, etc,.

Le tout pour un salaire de 1200€ par mois pour une débutante après 3 ans d'étude. Sachant qu'une débutante à les mêmes fonctions que les autres. Je rappelle que le salaire médian en France est désormais d'un peu plus de 1200€ par mois. C'està dire qu'il y a autant de personnes en dessous qu'au dessus.

 Cherchez l'erreur.

Par contre, pour certains, ce débat peut paraître indécent. L'essentiel est d'avoir du travail, de l'avoir choisi. Ce n'est déjà pas si mal. Un bénéficiaire du RMI perçoit 370 € par mois. Il est lui aussi loin du compte. Ceci dit, si chacun est à sa place, la machine tourne mieux. La reconnaissance du travail et de l'utilité sociale est valable pour tous.
Je comprendrais ques les personnes en situation précaire trouve cet article décalé. Ce qui permet de rélativiser le débat.

Le coeur du problème n'est donc pas là : c'est avant tout la justice sociale qui compte  et l'équilibre entre les forts et les faibles. Thèmes essentiels présents dans ce blog.


Par Pierre
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Mérite d'être bien fait."

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